enquête

  • La femme du pilote d'Anita Shreeve

    Editions Belfond - Date de sortie : 2 juin 1999 - ISBN 978-2714436269 - 330 pages - Traduction de Marie-Claude Peugeot

    Résumé

    Katryn mène une existence banale mais heureuse dans la petite ville côtière de Nouvelle-Angleterre ou elle a grandi : elle aime son métier, sa jolie maison au bord de l'océan, et, bien sûr, son mari Jack, pilote de ligne, et leur fille Mattie, à présent adolescente.

    Le cours de cette vie paisible bascule dans le drame la nuit ou Robert Hart, envoyé par le syndicat des pilotes, frappe à sa porte : l'avion de Jack a explosé en vol au large des côtes d'Irlande. Il n'y a aucun survivant.
    Cependant, pour Katryn, éperdue de douleur, cette terrible nouvelle n'est que la première d'une longue série. En effet, tandis que les enquêteurs évoquent une troublante hypothèse - il pourrait s'agir d'un suicide -, la jeune femme découvre de son côté d'étranges indices. Autant d'ombres portées sur une vie de couple qu'elle croyait sans histoire.
    Les questions qui dès lors vont la hanter sont-elles vouées à demeurer sans réponse ? Soutenue par la présence de plus en plus attentive de Robert, Kathryn va s'obstiner dans sa quête de la vérité, consciente du gouffre de mensonges et de trahisons qui, lentement, se creuse devant elle.

    Mon avis 

    La narration est faite au passé pour le fil narratif principal et au présent pour les réminiscences du passé qui resurgissent dans l'esprit de Kathryn. Ces dernières apportent, à la manière pointilliste, de petites touches au tableau de son couple avec Jack qui n'était peut-être pas si clair qu'il y semblait. L'auteur nous distille les informations et bien que, fiers de nous, on ait une petite idée du dénouement, ce n'est qu'une petite idée...

    J'ai été très surprise (mais je suis très naïve sans doute) de voir, et le mot n'est pas trop fort, l'invasion de la maison de Kathryn, par les gens de la compagnie aérienne. Protéger l'entreprise de la horde de journalistes, et des déclarations intempestives qu'aurait pu leur faire la femme du pilote, verrouiller l'information, c'était leur seule motivation, au mépris du respect dû en de telles circonstances dramatiques.

    Les personnages sont bien campés, avec pour chacun son lot d'ombre. Au fil des jours, Kathryn s'interroge sur ce qu'est au juste, la vie de couple, sur la difficulté à connaître l'autre, y compris son propre enfant. 

    La lecture est aisée, le rythme parfois un peu lent,  qui suit les découvertes, mais ce fut un bon moment et je vous recommande ce livre.

    Ma note : 16

  • Le soir, Lilith de Philippe Pratx

    Couverture Le Soir, Lilith

    Editions L'Harmattan - Date de sortie : 17 janvier 2014 - ISBN 978-2343026763 - 220 pages

    Résumé

    23 novembre 1924, Lilith Hevesi, star du cinéma muet, est retrouvée morte dans le château où elle s'est retirée dans la campagne hongroise. 
    Quarante ans plus tard, le narrateur tente de dépoussiérer son passé, ses recherches sont perturbées par une femme qui éveille rapidement ses soupçons... Lilith est un fantôme qui arpente les différentes strates du temps dans des mondes aux frontières incertaines dont on ne cesse de gratter la pellicule inflammable.

    Pourquoi - comment ce livre ?

    Parce que l'auteur m'a sollicitée pour lire son roman et que le résumé m'a attirée.

    Les premières pages en 3 minutes   

    Mon avis

    Un peu déroutée au début par la construction de ce récit-puzzle avec ses différents éléments : brouillons de biographie, lettres, récit de la rencontre avec la journaliste, récit de films... Mais séduite par la musique de la langue, riche et soignée, utilisée par l'auteur. J'ai donc décidé de lâcher prise et de me laisser porter par le texte, truffé de références culturelles pour mon plus grand plaisir.

    Mon seul bémol serait dans les titres de chapitres qui, de mon avis, n'apportent rien et sacrifient à une technique littéraire factice dont ce texte n'avait pas besoin.

    Car ce livre-là est loin de la littérature Coca-Cola, grand public et vite oubliée. Non, ce livre-là laisse des traces sur son passage, des miettes qui nous font ressouvenir " C'est dans Le soir, Lilith que j'ai lu ça !"

    Et je ne vous parle pas de la fin, ni du style poétique, parce que j'aimerais que vous le lisiez. C'est une valeur sûre !

    Entretien avec l'auteur sur le blog "Un coin de paradis pour les livres"

    Citations

    *Se souvenir trop souvent finit par effacer la chose souvenue pour ne retenir que sa trace apprivoisée, et la partie intelligente et froide de notre mémoire se substitue à celle, dorée, charnelle, incontrôlée qui faisait le trouble heureux de se rappeler, qui rendait hasardeuse et belle la lumière ou la senteur si ronde venue du fond des temps.

    *Sur le vieux phonogaphe se tordent et s'enroulent les valses de Ravel.

  • Gravé dans le sable de Michel Bussi

    Couverture Gravé dans le sable

    Editions France Loisirs - date de sortie : mai 2014 - ISBN 9782 298085280 - 508 pages

    Précédemment sorti -en 2007- sous le titre Omaha Crimes aux éditions PTC

    Résumé

    Juin 1944. 178 soldats sont tirés au sort pour débarquer sur la côte Normande ; ils seront les premiers tués. Mais peut-on conjurer le sort ? Tricher à cette loterie ? Et vous, que seriez-vous prêt à promettre pour échanger votre place ? Et votre promesse, que vaudra-t-elle lorsque tous les témoins seront morts ?

    Pourquoi - comment ce roman ?

    Parce que j'aime l'écriture de Michel Bussi et que cet ouvrage est un de ses premiers romans.

    Les premières lignes en 3 minutes   

    Mon avis

    C'est le 5è roman que je lis de cet auteur, un de ses premiers en fait, et j'aime toujours autant sa plume de raconteur d'histoires. Dans celui-ci, on navigue entre 1944-1964 et 1975, on parle du débarquement en Normandie, terre natale de Michel Bussi.

    Encore une fois, l'intrigue est emberlificotée, on se demande bien des fois comment il va s'en tirer, mais... no problemo, l'homme a du répondant. Je n'ai pas trouvé les personnages plus sympathiques que ça, sauf Nick peut-être, dans son rôle d'amoureux transi, mais vraiment l'histoire m'a tenue en haleine et j'ai vraiment aimé ça, moi qui d'habitude n'aime pas trop les romans qui nous balladent d'époque en époque.

    Il y a bien quelques petits anachronismes (ex le code postal en 1964 n'était pas encore inventé, les téléspectateurs n'étaient pas encore accros aux séries policières américaines, of course...), mais on passe facilement parce que c'était un de ses premiers romans !! 

    Je vous recommande donc vivement cette lecture !

  • La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker

    Couverture La vérité sur l'Affaire Harry Québert

    Editions Audiolib - 20 mars 2013 - ISBN 978-2356415820 - 21h15 d'écoute en 2CD, soit 670 pages en version papier

    Résumé

    À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. 
    Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

    Pourquoi - comment ce livre ?

    Malgré son succès certain et les prix reçus, je n'avais pas envie de lire ce roman car je me méfie toujours des critiques dithyrambiques et n'aime pas faire le mouton de Panurge - Mais je n'ai pas résister à l'acheter pour l'écouter dans le cadre du challenge Bingo des Livres : le livre que tout le monde a lu sauf vous.

    Mon avis : à venir...

    J'ai été bien bête de me priver de cette lecture, car à ce stade de progression, j'aime déjà beaucoup ! Sourire

    Challenge de lecture 2014 : Le bingo des livres

    Citations

    * Un texte n'est jamais bon. Il y a seulement un moment où il est moins mauvais qu'avant.

    Ce livre participe à mon challenge Ob 330c81 bingo lecture petitdans la catégorie Livre que tout le monde avait lu sauf moi.

  • Confessions d'un automate mangeur d'opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit

    Editions Bragelonne - 26 avril 2013 - ISBN 978-2352946632 - 350 pages

    Prix Bob Morane 2000

    Résumé

    Paris, 1889. Un monde en transition, où les fiacres côtoient les tours vertigineuses des usines. Une ville brumeuse envahie par les aéroscaphes, d'étranges machines volantes qui quadrillent le ciel, et des nuées d'automates cuivrés...

    C'est dans cet univers révolutionné par l'éther, cette substance verte aux propriétés miraculeuses, que la comédienne Margaret Saunders doit résoudre le mystère de la mort de sa meilleure amie, tombée d'un aérocar en plein vol.

    Sur la piste d'un créateur de robots dément, Margo secondée par son frère Théo, médecin dans un asile d'aliénés, va découvrir au péril de sa vie les dangers cachés de  l'envoûtante vapeur...

    Pourquoi - comment ce livre ?

    D'abord, parce que j'aime ce qu'écrit Fabrice Colin ; ensuite parce que 1889 à Paris avec l'Exposition Universelle, c'est une époque qui me parle. Enfin pour le titre,  et l'objet-livre qui est magnifique avec tranche dorée, couverture soignée...

    Mon avis 

    A vrai dire, je suis un peu partagée au moment de faire un billet sur ce roman. Je l'ai lu sans m'arrêter, en attente de quelque chose, mais...

    J'ai aimé que l'environnement soit le Paris de 1889, mais il n'est que peu évoqué et décrit. Si j'ai réellement pu me le représenter, c'est grâce à d'autres lectures faites sur le sujet.

    J'ai aimé l'histoire des automates, les différentes catégories du plus simple au plus sophistiqué : le pensant, mais là encore c'est mon imagination qui a fait le travail car les auteurs les décrivent peu. Or c'est important qu'on en ait une vision précise, c'est là l'essence même de ce genre : leur allure, leur bruit... c'est un peu rapidement expédié ! Pareil pour les machines volantes dont on ne sait ce qui les différencie les unes des autres.

    Je n'ai pas trop aimé l'alternance des chapitres entre Théo et Margo. Je comprends bien que c'était pour le côté pratique de l'écriture à quatre mains, mais du coup ça rend l'histoire un peu hâchée. Les personnages ne sont pas plus sympathiques que ça. Le thème des aliénistes est bien développé, mais celui de l'éther et autres substances très en vogue à cette époque est survolé à mon sens. 

    Il y a du potentiel dans l'histoire, on sent que c'est documenté mais ça manque de densité, d'épaisseur.  J'ai lu sur Noosfere que le steampunk c'est "un genre littéraire qui dépeint un XIXè imaginaire et trépidant entre Jules Verne et Dickens, où la science s'allie au merveilleux." Eh bien, pour ma part, je suis restée sur ma faim.

    A lire pour vous faire votre propre opinion !

  • Le jardin blanc de Stephanie BARRON

    Nil Editions - août 2013 - 399 pages - traduction d'Isabelle D. Philippe

    Résumé

    Et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée le 28 mars 1941 ?

    En octobre 2008, Jo Bellamy, jeune paysagiste américaine, arrive à Sissinghurst, dans le Kent, pour étudier le célèbre jardin blanc créé par l'amie de Virginia Woolf, Vita Sackville-West. 

    Un jour après l'annonce de son départ, son grand-père Jock, d'origine britannique, se suicide. Jo découvre qu'il avait lui-même travaillé dans ce jardin pendant la Seconde Guerre mondiale et décide de profiter de son voyage pour comprendre son geste. 

    À Sissinghurst, Jo découvre par hasard un journal intime parmi les archives des jardiniers. L'étiquette porte le nom de son grand-père, mais, en le déchiffrant, elle doit se rendre à l'évidence : ce journal n'est pas le sien.

    Soupçonnant son auteur d'être Virginia Woolf, elle file le faire expertiser chez Sotheby's. Là, on lui concède que le style et les thèmes rappellent en effet Woolf... à un détail près : les dates.

    Le 28 mars 1941, Virginia a rempli ses poches de pierres avant d'aller se noyer dans l'Ouse. Or le journal commence le 29. Des détails du journal amènent Jo à jouer avec cette idée : et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée ?

    Si on l'avait tuée ? D'Oxford à Cambridge, de demeures prestigieuses en bibliothèques légendaires, dans des jardins dont la splendeur dissimule d'obscurs secrets, Jo traque la vérité sur les derniers jours de la romancière. Mais elle n'est pas la seule, et bientôt le journal est volé... 

    Lecture terminée

    Pourquoi-Comment ce choix ?

    Stephanie Barron est plutôt connue pour écrire sur Jane Austen (lu Jane Austen et les fantômes de Netley il y a quelques années). Là, elle "s'attaque" à Virginia Woolf, Vita Sackeville et le groupe Bloomsbury. J'ai donc signé des deux mains !! surtout quand j'ai vu le chapeau sur la couverture...

    Mon avis 

    Ce roman est le prétexte à l'évocation 

    -d'une époque : 1941 en Angleterre

    -d'un groupe d'artistes et d'intellectuels : le Bloomsbury Group dont certains composaient la société secrète "Les Apôtres de Cambridge",

    -de lieux mythiques : les universités de Cambridge et d'Oxford, Sissinghurst, la propriété de Vita Sackeville-West, amie et amante ("Orlando") de Virginia Woolf,

    - des fabuleux jardins anglais...

    le tout à travers une sorte d'enquête menée par une jeune américaine, créatrice de jardins, dont le grand-père (récemment suicidé) avait été jardinier à Sissinghurst pendant la Seconde Guerre.

    On peut tout de suite dire que ce n'est pas un roman policier, mais une romance sur fond d'enquête littéraire, avec un scénario un peu léger et des indices servis sur un plateau. Mais l'idée de départ est très bonne : trois semaines s'étant écoulées entre la date annoncée de la noyage de Virginia Woolf et celle de la découverte de son corps, la version officielle est-elle véridique ou bien, en ces temps troublés de la guerre, se serait-il passé autre chose qu'il était préférable de taire ? J'aime bien cette idée de se glisser dans les interstices de la grande Histoire pour en écrire une autre.

    Les pages tournent facilement et malgré quelques bugs de traduction et quelques propos déplacés dans un ouvrage évoquant un tel écrivain, la lecture est aisée et rythmée. Un personnage (fabriqué pour servir la romance ,) m'a paru complètement inutile, c'est Gray, personnage pas assez étoffé pour en faire un réel concurrent de Peter.

    L'habileté de l'auteur a été de mêler la fiction avec des faits réels, vérifiables et des extraits d'oeuvres de Vita ou de Virginia, on imagine ainsi l'atmosphère de l'époque. C'est aussi et surtout de parler de ce grand écrivain qu'était Virginia Woolf, trop souvent évoquée par le biais de son mal-être existentiel et beaucoup moins par la qualité de son écriture.

    En conclusion, quelques bémols n'enlèvent rien au plaisir que j'ai eu de lire ce roman que je vous recommande.