auteur française

L'atelier des poisons - Sylvie Gibert

Editions Plon - Date de sortie : 17 mars 2016 - ISBN 9782259 230599 - 352 pages 

4è de couv'

Paris, 1880. A l'académie Julian, le premier atelier à ouvrir ses portes aux femmes, la vie n'est pas facile. L'apprentissage du métier de peintre est ardu, long et coûteux. Seules les jeunes filles dotées d'un véritable talent et, surtout, d'une grande force de caractère, parviennent à en surmonter les obstacles. 
Du talent, Zélie Murineau n'en manque pas. De la force de caractère non plus. N'a-t-elle pas déjà prouvé qu'elle était prête à tout pour parvenir à ses fins ? Pourtant, lorsque Alexandre d'Arbourg, le commissaire du quartier du Palais-Royal, lui demande de faire le portrait de sa filleule, sa belle assurance est ébranlée : comment ne pas croire que cette commande dissimule d'autres motifs ? Même si elle en connaît les risques, elle n'est pas en mesure de refuser le marché que lui propose le beau commissaire : elle sera donc " ses yeux ". 
Des auberges mal famées jusqu'aux salons de la grande bourgeoisie, elle va l'aider à discerner ce que les grands maîtres de la peinture sont les seuls à voir : les vérités qui se cachent derrière les apparences.

Mon avis

Roman d'une époque, les débuts de la IIIè République, dans laquelle la place de la femme n'est pas enviable, celle de la femme peintre encore moins. Roman d'une rencontre entre un commissaire de police et Zélie, élève de l'Académie Jullian pour femmes, autour de la commande d'un portrait d'enfant. Roman d'une enquête autour de la disparition d'un bébé. 

Tout cela mené tambour battant avec de nombreux personnages, des anonymes mais pas que ; on y croise en effet Degas, Alphonse Allais, Maupassant... On y parle de l'art, de l'émergence de l'impressionnisme, de la condition de la femme, d'amitié. C'est bien écrit, historiquement exact (même si Zélie est un personnage créé par l'auteur) et très rythmé

Un vrai bon moment de lecture !

Ma note 16.5

L'auteur  

Beaux rivages - Nina Bouraoui

Editions JC Lattès - Date de sortie : 24 août 2016 - ISBN 9782709 650526 - 245 pages

4è de couv'

C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation.
Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, nous sommes tous égaux devant un grand chagrin d’amour.
Les larmes rassemblent davantage que les baisers.
J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde. Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Et pour rappeler que l’amour triomphera toujours. En cela, c’est un roman de résistance.

Mon avis

Des mots très justes pour parler de la rupture amoureuse, des failles qu'elle creuse au plus profond, du doute qu'elle sème chez celui (celle en l'occurence) qui est quitté.

L'histoire de la rupture est (hélas) banale, mais l'auteur analyse finement tous les états d'esprit que traverse A. au cours de l'année qui suit, jusqu'à son retour à la vie amoureuse. On trouve toutes les étapes du deuil, deuil d'une histoire à deux, de complicité, d'habitudes, d'un couple que l'on croyait acquis. 

L'écriture est fluide, et on passe un bon moment de lecture.

Ma note 15.5

Citations

*L'amour est imprévisible. Il survient quand on ne l'espère plus, disparaît alors qu'on le jugeait acquis. (p. 15)

*Les sentiments réprimés se vengent tôt ou tard. (p. 18)

*Je ne pourrais vivre sans Adrian, sans l'idée d'Adrian, en dépit de mes efforts ; je le porterais, je le savais, comme une plaie sous mes vêtements. (p. 25)

*On sera toujours seuls, quoi qu'il arrive, c'est ainsi, c'est le destin de tous les humains, au départ comme à l'arrivée, c'est pour cette raison que l'on a inventé l'amour, tantôt comme une distraction, tantôt comme un graal à conquérir. (p. 142)

*Il a toujours préféré les femmes plus âgées, les jeunes l'indiffèrent, elles ne sont pas terminées, c'est son mot. (p. 221)

L'auteur  

A l'endroit où elles naissent - Diane Peylin

Editions Pocket - Date de sortie : 3 mai 2012 - ISBN 9782266 226059 - 404 pages

4è de couv'

Le 5 novembre 1978, Eva et Miangaly naissent à des milliers de kilomètres l'une de l'autre.
De France à Madagascar, de l'enfance à l'âge adulte, chacune avec ses chances et ses manques, elles vont faire l'apprentissage de la vie.
Deux destins parallèles que tout sépare et que, pourtant, tout rapproche : plus qu'une date de naissance, Eva et Miangaly partagent une même rage de vivre, une même soif d'espoir et d'amour.

Mon avis

Deux trajectoires parallèles bercées par les mots de Maxime Le Forestier "être né quelque part" et les grandes dates de l'histoire mondialeDeux destins qui montrent que les plus défavorisés ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Une alternance de chapitres très rythmés pour raconter les vies de Miangaly et d'Eva. Tout le début et notamment Naissance et Adolescence sont pleines d'émotions et de belles expressions. Mais la suite n'est pas tout à fait à la même hauteur et la fin est un peu bisounours...

L'auteur a une très belle plume poétique et inventive, très imagée. Beaucoup de références musicales, des personnages très bien saisis.

En bref, un bon moment de lecture.

Ma note 15.5

Citation

*-J'aime quand il fond dans ma bouche.

Le chocolat. Et ses petits carreaux précieux. Un pour toi, un pour moi. Surtout le savourer (...) Garder caché au creux de son palais la saveur merveilleuse de ce trésor cacaoté. La tablette parée de sa robe d'argent se déshabille doucement. Voluptueusement. Les bouches salivent. Les poitrines suffoquent. Les regards vacillent. Un seul petit carré pour une seconde d'éternité. (p. 258)

L'auteur   

Deux-pièces - Eliette Abécassis

Editions Steinkis - Collection Incipit - Date de sortie : 2 juin 2016 - ISBN 9782368 460139 - 89 pages

4è de couv'

"Elle était là, presque nue, devant la piscine, à Molitor. Exposée aux yeux de tous, dans ce grand "paquebot" aux façades couleur terre de Sienne, à l'architecture des années trente..." Lors d'un défilé, la France de 1946 découvre la bombe atomique du couturier Louis Réard : le bikini. Dans le public, Gaby, une jeune fille "toute frêle, à la peau diaphane" prend des notes. Un jeune homme l'interpelle. C'est Antoine, son grand amour qu'elle n'a plus revu depuis l'Exode. Il a participé à la conception du premier maillot deux pièces... 
A travers cette fiction aux couleurs pâles, Eliette Abécassis explore les non-dits qui ont plané sur 1a Libération de la France - et de la femme.

Mon avis

La collection Incipit laisse à des auteurs le soin de raconter des "Premières fois". Pour Eliette Abécassis, le choix fut celui du défilé de maillot de bain, où apparut le bikini pour la première fois, en 1946.

La France sort juste de la guerre et l'idée du créateur était de permettre aux femmes d'assumer leur corps, d'oser le montrer, de les libérer. C'est une danseuse nue qui l'arborera puisqu'aucun mannequin n'avait voulu s'y risquer.

L'auteur a choisi deux personnages : Gaby et Antoine, autrefois follement amoureux, et qui se sont perdus de vue au moment de l'exode. Ils se revoient pour la première fois à ce défilé. Ce qui m'a gênée dans ce très court roman (j'aurais plutôt dit nouvelle), c'est la place prise par le récit fait par Antoine, de sa guerre, la clandestinité après le STO. J'ai trouvé que cela faisait un peu plaqué là, quand le sujet était tout autre. Par ailleurs, c'est trop court pour que l'on s'attache à eux dont on ne sait pas grand chose et dont la psychologie est à peine perceptible.

Ma note 14

L'auteur  

Prendre Lily - Marie Neuser

Editions Pocket  - mai 2016 - ISBN 9782266 267984 - 561 pages

4è de couv'

Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux. Le corps d'une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert. Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu'elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d'Angleterre qui ne connaît pas les débordements. 
Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n'étaient ces déviances auxquelles il s'adonne en secret. Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d'une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres.

Mon avis 

Mon choix de lire ce roman s'est fait après l'avis enthousiaste d'Yvan du blog EmOtions qui le qualifie d'admirable, rien de moins et celui non moins passionné de Richard du blog Polar noir et blanc.

Nous suivons Gordon McLiam, ses deux collègues Jim et Daphne, ainsi que Bradford leur chef, dans une enquête pas-à-pas, mâtinée de coups de chance, de flair, de ténacité pour faire tomber celui dont, dès les premières pages, ils pressentent qu'il est le meurtrier. L'intrigue est tricotée finement.

C'est présenté comme une chronique de la vie des enquêteurs entre montées d'adrénaline, profond découragement, calme plat, nouvel indice, ce qui donne un rythme assez lent, mais addictif. Des personnages travaillés que l'on suit avec plaisir dans leur quête quasi spirituelle de la vérité.

Une plume super agréable à lire qui nous place au centre des pensées de Gordon et donne beaucoup d'authenticité au récit.

Bref, un roman comme je n'en avais jamais lu, qui a frisé le coup de coeur et que je vous recommande chaudement pendant que je cours acheter le deuxième volet du diptyque : Prendre Gloria.

Ma note 18

Citations

*Je ne sais pas pourquoi j'avais imaginé les Italiennes du Sud comme des tabourets de piano à chignon d'ébène Partout où je tournais la tête, j'apercevais de belles plantes vêtues à la dernière mode, des tourbillons rieurs fleuris de longues chevelures dorées et des tiges appétissantes gainées de bien peu de tissu malgré la température de janvier. (p.165)

*L'hiver anglais, c'est long et triste. Mais quand on n'est pas heureux, ça donne envie de s'endormir en demandant au réveil de sonner six mois plus tard. (p.281)

*Si on ne trouvait rien de concret, peut-être y avait-il un fil rouge tout autre, de l'ordre de l'impalpable, le fil sanguinolent qui ficelait son cerveau comme un rôti dégueulasse. (p.322)

L'auteur  
                      

Eros Automaton de Clémence Godefroy

Editions du Chat Noir - Date de sortie : 4 avril 2016 - ISBN 9782375 680018 - 282 pages

4è de couv'

Quand le Palais des Expositions de Parisore accueille le Salon Galien d’Automatie, c’est toute la capitale qui vit à l’heure des automates, quitte à chambouler quelques destins au passage. Un attentat en plein concours de modélisation met l’inspecteur Balthazar Bouquet sur la piste d’une mystérieuse organisation pro-humaine alors même que sa sœur Adélaïde devient une célébrité dans le monde de l’automatie. Quant à Agathe Lepique, couturière timide et amie de toujours des Bouquet, elle voit sa vie transformée lorsqu’elle est embauchée dans l'atelier d'Edgar Weyland, un ingénieur de génie aussi énigmatique que séduisant. Son projet: créer la femme parfaite pour jouer le premier rôle dans un opéra romantique... Des salles de bal étincelantes aux bas-fonds de la ville, Balthazar et Agathe vont découvrir à leurs dépens que l’amour, la vengeance et la haine ne sont pas réservés qu’aux êtres de chair et de sang.

Mon avis 

Voilà un court roman que j'ai bien apprécié ! Nous avons là du steampunk malin dont l'époque serait une Belle Epoque sans le dire, dans un Paris nommé Parisore, où lors du Salon de l'Automatie nous découvrons ces êtres de ferraille, boulons et articulations nommés automates, certains plus vrais que vrais, gominés au regard perçant et à l'allure très humaine.

Au cours de l'enquête pour trouver les auteurs de l'attentat, nous suivons des personnages humains très attachants, dont la jeune Agathe, couturière, sage et rangée, peu intéressée a priori par la passion de son amie Adélaïde, fougueuse créatrice d'automates. L'occasion pour l'auteur d'évoquer la condition féminine au début du XXè.

L'auteur fait preuve d'une belle inventivité au niveau du vocabulaire notamment (lieux, machines...) , et nous amène à nous interroger sur les relations qui peuvent se nouer entre la machine et son créateur. A l'heure où l'Intelligence Artificielle progresse à grands pas, il est raisonnable d'y réfléchir. Jusqu'où peut-on laisser la machine devenir aussi réelle, aussi vraie ?

Un sujet qui aurait mérité d'être développé davantage, mais qui nous offre un très bon moment de lecture et que je vous recommande.

Ma note 16.5

Citation

*-Qui sommes-nous pour créer d'autres êtres humains ?

-Le désir de savoir, Mademoiselle Lepique.

-Mais... vous êtes bien d'accord que c'est immoral ?

-Quand il s'agit de progrès scientifique, l'esprit humain ne s'arrête jamais devant ce genre de considération.

 L'auteur

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