auteur français

  • La renverse d'Olivier Adam

    Editions Flammarion - Date de sortie : 6 janvier 2016 - ISBN 9782081 375956 - 267 pages

    4è de couv'

    Dans ce roman, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. 

    Mon avis

    Ouvrir un roman d'Olivier Adam, on le sait d'avance, ce n'est pas baigner dans une ambiance Bisounours. Il y a toujours de la mélancolie, de la désillusion, voire de la tourmente, mais sa plume ramassée et efficace me plaît infiniment. Une fois encore, nous avons une intrigue "musclée" sur fond de scandale politique et sexuel impliquant la mère du narrateur qui a 17 ans au moment des faits. Lui et son frère Camille (14 ans) vont vivre différemment l'évènement. Le plus jeune choisira d'aller vivre chez un oncle puis d'émigrer au Canada quand le narrateur fuit et pose un voile sur son passé. Sauf qu'au moment du décès d'un des protagonistes de l'affaire, il découvre que pour dépasser son passé, il faut, non l'ignorer, mais s'y confronter, se poser les bonnes questions. La fuite en avant ne règle rien et obère les chances d'accéder à une bonne vie. Le titre fait référence au changement de sens d'un courant de marée, métaphore de l'attitude du narrateur après ces dix ans de "blanc" dans son histoire.

    J'ai bien aimé ce roman doux-amer et me suis vraiment attachée à Antoine, le narrateur. Les thèmes traités : les relations familiales, l'injustice, le "pouvoir" des politiques sur les petites gens, le mensonge poussé jusqu'à l'abjection, la manipulation, sont très forts et la mécanique en est bien décrite. Une lecture qui suscite la réflexion sur tous ces sujets (dont on trouve souvent illustration dans les faits divers) et que je vous recommande.

    Ma note 15.5

  • Trois jours et une vie de Pierre Lemaître

    Editions Albin Michel - Date de sortie : 2 mars 2016 - ISBN 9782226 325730 - 279 pages 

    4è de couv'

    "A la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abbatit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien..."

    Mon avis

    Tout est dit dans les premières pages : qui a tué qui et pourquoi. Alors me direz-vous, pourquoi plus de 250 pages ? Et bien pour nous faire vivre les angoisses, doutes, peurs paniques d'Antoine, 16 ans, celui qui, par des concours de circonstances étonnants, dont la tempête du 27 décembre 1999, va échapper aux recherches. Le village de Beauval est un personnage important de l'histoire, également, avec ses rivalités, son usine en difficulté économique....

    C'est étonnant comme construction, mais c'est un très bon roman psychologique, magnifiquement servi par la plume de Pierre Lemaître. Un bon moment de lecture que je vous recommande.

    Ma note 16

    Citations

    *Elle fréquentait l'église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu'on avait plaisir à croiser et  à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe de Noël comme on visite une vieille tante. (p. 91)

    *La vie doit toujours reprendre le dessus, elle adorait cette expression. Cela signifiait que la vie devait continuer de couler, non pas telle qu'elle était mais telle qu'on la désirait. La réalité n'était qu'une question de volonté, il ne servait à rien de se laisser envahir par des tracas inutiles, le plus sûr pour les éloigner était de les ignorer, c'était une méthode imparable, toute son existence montrait qu'elle fonctionnait à merveille. (p. 150)

  • Le choeur des femmes de Martin Winckler

    Editions Folio - Date de sortie : 2 février 2011 - ISBN 9782070 440399 - 671 pages

    4è de couv'

    Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

    Mon avis 

    A mes yeux, ce livre est un OLNI (objet littéraire non identifié), tour à tour roman, essai, journal de bord et guide pratique. 

    Bien sûr, l'intrigue autour de Jean Atwood et l'évolution de son personnage au fil du roman sont intéressantes. Tout comme tout ce que l'on apprend sur la gynécologie "ordinaire" et l'écoute dûe aux patientes. Mais pas plus que les réflexions philosophiques, sociologiques sur le métier de gynécologue. Ni que sur la chirurgie réparatrice des organes sexuels. 

    Les personnages sont attachants, voire bouleversants.  Frantz Karma, notamment, est d'un humanisme magnifique. 

    En bref, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre, dont j'ai parfois "passé" quelques pages (de descriptions des cas de patientes...), mais dont l'écriture dense et prenante m'a beaucoup plu. A lire et faire lire autour de soi, par hommes et femmes, sans modération.

    Ma note 16

    Ce livre participe au challenge 

  • Les passants de Lisbonne de Philippe Besson

    Editions Julliard - Date de sortie : 7 janvier 2016 - ISBN 9782260 029205 - 192 pages

    4è de couv'

    « On ne renonce jamais vraiment, on a besoin de croire que tout n'est pas perdu, on se rattache à un fil, même le plus ténu, même le plus fragile. On se répète que l'autre va finir par revenir. On l'attend. On se déteste d'attendre mais c'est moins pénible que l'abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu'un qui ne reviendra probablement pas. »
    Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis.
    Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture.
    Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler.
    Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ?
    Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

    Mon avis 

    Je n'ai pas résisté à acheter la nouvelle production de l'auteur, tellement j'ai aimé De là, on voit la mer, lu en début de semaine.

    L'auteur nous propose un court roman sur la solitude, qu'elle soit consécutive à un deuil ou à une rupture. Hélène et Mathieu vont réunir leur solitude pour évoquer leurs absents. Il y a beaucoup de pudeur, de sensibilité, de justesse dans les propos de ces personnages, qui s'écoutent et se font confiance.

    L'atmosphère chaude de Lisbonne ajoute à l'ambiance pesante mais cependant enveloppante. J'ai retrouvé le style de l'auteur, avec les commentaires et les remarques du narrateur omniscient à la suite des mots prononcés par les protagonistes. Ce qui est sûr, c'est qu'il réussit de beaux portraits psychologiques, qui sonnent juste étant donné les circonstances de leur rencontre. Une écriture efficace.

    Un bon moment de lecture.

    Ma note 16

    Citation

    "En aimer un autre, est-ce que c'est trahir ?" On ne trahit pas les disparus. Ce sont eux qui nous trahissent. Parce qu'ils ont fait défaut, parce qu'ils sont partis, alors qu'on avait besoin d'eux, parce qu'ils ont filé sans préavis, parce qu'ils nous laissent avec le manque et aucune solution pour y remédier. Et quand ils ont lâché notre main, qui nous en voudrait d'en saisir une autre ?

     

  • Envoyée spéciale de Jean Echenoz

    Les Editions de Minuit - Date de sortie : 7 janvier 2016 - ISBN 9782707 329226 - 313 pages

    4è de couv'

    Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la Mer Jaune, en passant par le fin fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

    Mon avis 

    Habituellement, quand on ouvre un Echenoz, c'est pour lire du sérieux (Courir avec Zatopek, 14 avec la Première guerre mondiale, Des éclairs sur Tesla...). Et bien là, pas du tout ! Embarquez à bord d'une histoire loufoque, foutraque, où l'on sent la jubilation de l'auteur à nous raconter une histoire rocambolesque de kidnapping et de services secrets. A tel point que parfois, je me disais que ce n'était pas lui qui l'avait écrit...

    Des personnages de pieds nickelés, des situations ubuesques, des synchronicités qui n'en sont pas vraiment, des digressions, la prise à témoin du lecteur, le cocktail est tel que l'on peut se demander sous l'emprise de quel produit l'histoire a été écrite ! La "machine à fictions" a fonctionné à plein et j'ai bien senti la jubilation qu'il a mise dans cette écriture.

    A découvrir sans barguigner !! même si ça ne restera pas, de loin, mon préféré.

    Ma note 15

  • Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu

    Editions Albin Michel - Date de sortie : 27 janvier 2016 - ISBN 9782226 321824 - 226 pages 

    4è de couv'

    « Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

    Mon avis

    L'auteur a choisi de tenir le journal de bord du gros pépin de santé qui aurait pu lui coûter la vie : une aplasie médullaire sévère, réfractaire, sorte d'asséchement de la moëlle osseuse. Cette activité d'écriture lui a permis de tenir le coup et de supporter traitements lourds, greffe, hospitalisation. Il a privilégié l'humour pour lui tenir compagnie, face à Dame Oclès qui le narguait avec le tranchant bien affûté de son épée. 

    C'est à la fois très concret mais en même temps très pudique. Il n'y a aucune sorte d'acrimonie envers ceux qui l'ont lâché, ni de pathos exagéré. La musique, l'écriture, l'amour de Rosy et l'affection de ses proches sont mis en valeur, esquissant le portrait d'un homme dont la renaissance lui permet de rendre hommage au personnel soignant et d'épuiser le sujet au travers d'un CD et d'un livre. Me restera l'image de l'écureuil roux sur son skate, avec un coeur gros comme ça !!

    Une lecture touchante que je vous recommande, vraiment.

    Ma note 17