auteur français

  • Apaise le temps de Michel Quint

    Editions Phébus - Date de sortie : 1er avril 2016 - ISBN 9782752 910 431 - 104 pages

    4è de couv'

    Une libraire, ça crée des dettes. D’argent parfois bien sûr, mais surtout de cœur. Lorsque Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, prêt à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. De là à accepter la succession, il y a un pas… que l’inconscient fait à l’aveuglette. Le voici bientôt en butte aux problématiques économiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée. En fouillant les cartons, c’est tout un pan de la guerre d’Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS. En quoi ce passé concerne-t-il les habitués de la librairie ? Sans trop se garder de l’amour, Abdel mène l’enquête.

    Mon avis 

    Un très court récit au coeur de l'humain. Des personnages attachants, un vrai style, pour parler de la ville de Roubaix économiquement sinistrée, mais dans laquelle se vivent des solidarités authentiques. Pas de clichés larmoyants, mais un regard aiguisé. Le tout sur un fond de souvenirs de guerre d'Algérie, trouvés dans les archives d'Yvonne, la libraire disparue. Et puis, après le choc, l'espoir de la renaissance de ce temple des livres, qui pourrait être spécialisé en photographie, grâce à une équipe aux talents multiples. 

    Ce livre prouve qu'il n'est nul besoin d'écrire long pour écrire vrai et profond ! Je vous le recommande.

    Ma note 16.5

    Citations

    *Les livres sont des amis communs à tous les hommes, des lieux où faire la paix. Des lieux d'égalité possible si on sait lire.

    * Relier, c'est bien, ça parle des gens et des livres qu'on relie, qu'on relit.

    *Les livres, c'est comme les chats, on habite chez eux et pas l'inverse.

     

  • Territoires d'Olivier Norek

    Editions Pocket - Date de sortie : 8 octobre 2015 - ISBN 9782266 252782 - 374 pages 

    4è de couv'

    À Malceny, dans le 93, on est habitués aux règlements de comptes. Mais un nouveau prédateur est arrivé en ville et, en quelques jours, les trois plus gros caïds du territoire sont exécutés. Le capitaine Coste et son équipe vont devoir agir vite, car leur nouvel ennemi s'implante comme un virus dans cette ville laissée à l'abandon, qui n'attend qu'un gramme de poudre pour exploser. Une ville où chacun a dû s'adapter pour survivre : des milices occultes surentraînées, des petits retraités dont on devrait se méfier, d'inquiétants criminels de 12 ans, des politiciens aveugles mais consentants, des braqueurs audacieux, des émeutiers que l'État contrôle à distance de drone. Et pendant ce temps, doucement, brûle la ville. 
    La dernière affaire du capitaine Coste ? Elle se passe en enfer...

    Mon avis

    Excellent roman, dans lequel j'ai trouvé tout ce que j'aime : un rythme soutenu porté par une écriture dynamique, des dialogues qui font mouche, des personnages éminemment sympathiques. 

    J'ai adoré l'histoire sur fond de politique de la ville dévoyée, de trafics et leurs répercussions sur la vie d'un quartier. Egalement les rivalités des services de police, le fonctionnement de la justice, les émeutes de banlieue...

    On sent le vécu dans les faits qui nous sont racontés, mais j'ai aimé que le côté humain soit toujours mis en avant. C'est une des forces de l'auteur, dont j'aime décidément la plume.

    Un vrai coup de coeur ! et le bonheur de savoir que Surtensions est dans ma PAL. Gageons qu'il ne tardera pas à en sortir...

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    Ma note 19

    Ce livre participe au Challenge  

  • Vends maison de famille de François-Guillaume Lorrain

    Editions Flammarion - Date de sortie : 2 mars 2016 - ISBN 9782081 375987 - 215 pages

    4è de couv'

    "Oui, je voulais bazarder cette maison. J'avais mes raisons. Autrement dit : des souvenirs." En faisant le portrait d'un homme partagé entre l'amour qu'il porte à sa mère et ce refus d'héritage qu'il lui oppose, François-Guillaume Lorrain nous raconte une histoire aussi singulière que collective, celle d'une maison de famille.

    Mon avis 

    Voilà le type même de roman dont la 4è de couv' m'a séduite, notamment autour du thème de la maison de famille. Et pourtant je sais déjà que je l'oublierai aussi vite que je l'ai lu.

    C'est écrit dans un bon français, de courts chapitres rythment le récit, mais j'ai trouvé l'histoire finalement banale : une maison de campagne où les enfants en ont bavé sous la houlette d'un père maltraitant, lieu qu'ils se jurent de vendre au plus vite le moment venu, et que malgré tout ils gardent et habitent. Plusieurs thèmes traversent le récit comme la transmission, la mémoire et ce que l'on retient vraiment de notre enfance... Alors certes, il y a les ressentis du narrateur, mais ils ne m'ont procuré aucune émotion, je me suis contentée de tourner les pages.

    Une déception somme toute !

    Ma note 14,5

  • Thank you Shakespeare de Philippe Torreton

    Editions Flammarion - Collection Essais littéraires - ISBN 9782081 379541 - 173 pages

    4è de couv'

    "Lire Shakespeare, c'est lire le monde. 
    J'adorais ça : ces rois et ces reines inconnus, ce théâtre qui allait voir au-dehors, qui ne s'arrêtait pas aux portes capitonnées d'un salon ...
    Je voulais tout jouer, Roméo ET Juliette, je n'arrivais pas à me décider. J'étais un athlète de l'art dramatique, prêt à en découdre. Je pouvais mourir d'amour, envahir la France, renier mes filles, réclamer un cheval, voir une forêt bouger, tuer ma femme dans son lit, j'étais prêt."

    Mon avis

    Après avoir lu Comédie Française de Lucchini la semaine dernière, me revoici au théâtre avec Philippe Torreton pour parler cette fois de Shakespeare. L'auteur voue une admiration immense à l'oeuvre du dramaturge anglais dont on va fêter fin avril le 400è anniversaire de la mort. "J'aime le théâtre de Shakespeare pour sa franchise, sa volonté farouche d'être ensemble pour nous raconter une histoire, cette impérieuse nécessité d'être compris par tous."

    Il évoque les grands textes (Richard III, Henri V, Hamlet) qu'il a eu le plaisir de jouer, des anecdotes lors des répétitions ou des représentations, le plaisir de jouer, le collectif d'une troupe. Mais aussi les différences entre le théâtre shakespearien destiné à toute la population et en lien avec le public, et le théâtre français de la même époque, destiné aux nobles, à la cour et aux lettrés, dont l'écriture était verrouillée, notamment par la règle des 3 unités.

    J'ai appris beaucoup de choses au cours de cette lecture qui m'a procuré bien du plaisir et que je vous recommande.

    Ma note 16.5

    Citations

    *L'écriture de Shakespeare est un ambre translucide qui a capturé le bruit d'histoires vraies. (p.50)

    *Jouer Shakespeare, c'est retrouver le bruit du monde au fond d'une jarre et l'apprendre par coeur, c'est respirer les embruns de tous les finistères humains et n'y regarder que les levers et couchers de soleil. (p.50)

    *Tous les soirs, nous nous demandions pourquoi cet auteur si populaire, qui a usé sa vie à penser un théâtre pour tous, avait une telle réputation d'auteur compliqué, aujourd'hui. (p.51)

  • L'origine de nos amours d'Erik Orsenna

    Editions Stock - Date de sortie : 9 mars 2016 - ISBN 9782234 078925 - 288 pages

    4è de couv'

    « Un jour, je me suis remarié. Le lendemain, mon père quittait son domicile. Entre les deux événements, personne dans la famille n’a fait le lien. Et pourtant, mon frère est psychiatre. J’avais ma petite idée mais j’ai préféré la garder pour moi. Mon père, je le connaissais mieux que personne. Pour une raison toute simple : nous avions divorcé ensemble. Lui de ma mère, moi de ma première femme. Lui le lundi, moi le mercredi, de la même fin juin 1975. Et rien ne rapproche plus qu’un divorce en commun. Alors je savais que les coups de tête n’étaient pas son genre. Il suivait des plans, toujours généreux dans leur objectif, mais le plus souvent déraisonnables. Cet été-là, nous avons commencé à parler d’amour, mon père et moi. Nous n’avons plus cessé."

    Mon avis

    Nous avons ici l'Orsenna-fils de et non l'écrivain, le style est donc très différent. Des dialogues, des souvenirs d'enfance, pas de recherche particulière sur les mots et les phrases comme dans ses autres oeuvres. Aucune citation relevée, c'est un signe !!

    J'avoue avoir été un peu gênée par ce grand déballage intime, surtout en sachant que la mère de l'auteur est encore vivante. Certes, l'écriture de cet ouvrage a sans doute eu un bienfait thérapeutique pour lui, mais tellement médiatisée que c'en est suspect, d'autant qu'il annonce déjà le même exercice autour de la personnalité de sa mère. L'humour, l'autodérision et le ton enlevé ne sauvent pas l'ensemble.

    Autant j'aime la verve sympathique de l'auteur, sa fausse modestie, et ses écrits précédents, autant avec celui-ci, c'est un brin de déception qui me reste, une fois le livre refermé.

    Ma note 14

  • La fille de Brooklyn de Guillaume Musso

    XO Editions - Date de sortie : 24 mars 2016 - ISBN 9782845 638082 - 470 pages

    4è de couv'

    Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer. 
    L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé : « Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? » 
    Vous auriez répondu quoi, vous ? 
    Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. 
    Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo. 
    – C’est moi qui ai fait ça. 
    Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours. 
    Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot. 
    Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu. 
    Et depuis, je la cherche.

    Mon avis 

    Pour ma part, un nouveau cru Musso est toujours attendu avec impatience, et cette année j'avoue être encore plus séduite. Assurément, à mes yeux, c'est un des meilleurs.

    L'histoire d'abord, qui met en scène un écrivain, partant à la recherche de sa future femme, disparue suite à une grosse dispute. Et l'imbroglio, en trois actes comme il se doit, va se mettre en place, de fil en aiguille, de Charybde en Scylla, on se dit à chaque fois que ça ne peut pas aller plus mal. Mais si, croyez-moi, jusqu'au twist inouï qui m'a choppée par surprise dans les trente dernières pages. 

    Les personnages ensuite, sont très convaincants : Raphaël craquant en papa solo, qui est le narrateur pour certaines parties, accompagné dans sa recherche par son voisin Marc, ancien flic. Et puis la disparue dont le parcours s'affiche au fur et à mesure, tel un puzzle, à travers tous les personnages qui gravitent autour, et dont certains d'ailleurs écriront leur propre chapitre comme Florence et Tad. On court de Paris à Nancy, puis à New York, en un vrai tourbillon, étant donné que l'enquête court sur moins d'une semaine.

    Le contexte encore, avec l'évocation des élections présidentielles américaines de 2016 et mille et une choses dans l'air du temps qui donnent encore plus de réalité au roman et l'ancre dans notre temps : le wasi-basi, le chou kale...

    L'écriture enfin, qui coule, fluide, rapide, addictive, comme j'aime.  Avec comme corollaire, de dévorer le roman en quelques heures et de se dire qu'il faut attendre un an pour la nouvelle livraison... 

    Vous l'aurez compris, une très belle réussite et un vrai coup de coeur pour moi qui le sera pour vous aussi, j'espère.

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    Citations

    *La fiction était une échappatoire. Le billet d'avion le moins cher pour fuir la morosité du quotidien.

    *J'avais rarement mieux à faire que de m'asseoir devant mon écran pour prendre des nouvelles de mes personnages.

    *Pendant longtemps, j'avais détesté les appareils photos, ces cruelles machines à créer de la nostalgie.