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auteur français

  • Surtensions d'Olivier Norek

    Editions Michel Lafon - Date de sortie : 11 mars 2016 - ISBN 9782749 928166 - 501 pages

    Logo prix litterairePrix Le Point du polar européen 2016

    4è de couv'

    Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ? 
    Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance... 

    Mon avis

    Olivier Norek, pour ce troisième tome des aventures du Capitaine Coste et de son équipe, nous plonge, pendant toute la première partie, dans l'univers infiniment violent et désespérant de la prison. On y fait connaissance avec quatre détenus, des criminels, dont on va suivre l'histoire dans les parties suivantes. Viendra s'y ajouter un kidnappeur que Coste a serré après une opération qui laissera des traces dans le mental des troupes de la Crime1.

    L'intrigue est très maîtrisée et les évènements s'enchaînent sans nous laisser le temps de souffler. Tout est crédible grâce à la longue expérience  de l'auteur au SDPJ 93, tant dans les procédures que dans l'esprit. Le gros point fort de cet opus tient dans les personnages. Ils sont attachants, nous procurent des émotions fortes, véhiculent de vraies valeurs humaines (je parle pour les flics !!). Quant à l'écriture, nerveuse, précise, elle coule et nous entraîne, nous enchaîne aux pages que l'on ne peut quitter tant l'auteur a su nous attraper dès les premières lignes. 

    En bref, un très très bon roman, avec un final waouh !! Je vous le recommande vivement.

    Ma note 17.5

     

  • Montvert-les-Bains de Maurice Denuzière

    Editions Flammarion - Date de sortie : 13 avril 2016 - ISBN 9782081 333178 - 598 pages

    4è de couv'

    Août 1900. Laurent Saintour, héritier de la station thermale de Montvert-les-Bains, dans le haut Forez, rentre des Etats Unis pour célébrer le cinquantenaire de l'établissement qu'il doit un jour diriger. Mais il refuse de se glisser dans le moule d'une carrière préparée par trois générations de Saintour et décide de partir à l'aventure. La quête d'un mystérieux tableau et la poursuite d'une énigmatique Dame en mauve conduisent le jeune homme à un périple au coeur de la Belle Epoque. Face à la concurrence d'autres villes d'eaux en plein essor, Montvert-les-Bains parviendra-t-elle à prospérer malgré la désertion de l'héritier ?

    Mon avis 

    De l'auteur (qui va fêter ses 90 ans), j'ai déjà lu, dans les années 80, la saga Louisiane que j'avais adorée, romantique, intelligente et documentée à souhait. Imaginez ma surprise lorsque j'ai vu ce nouveau titre, sur une couverture Art Nouveau sublime. Et hop, sur ma PAL ! 

    Je vais commencer par ce que j'ai trouvé dommage : l'auteur, à force de vouloir être exact (voire exhaustif) au niveau historique, politique, culturel, en est arrivé à beaucoup ralentir le rythme de l'histoire et à créer parfois des dialogues factices où un des deux personnages fait quasiment un cours à l'autre sur tel ou tel sujet.

    Le contrepoint, c'est qu'on apprend plein de choses, sur une période, il faut bien le dire, très riche en progrès, nouveauté, élan, et ce, dans de nombreux domaines. On y croise de grands noms et quand on referme le livre, on est ébloui par le tourbillon dans lequel on a été entraîné. Le jeune Laurent assume son choix de ne pas être seulement l'héritier, mais de vouloir d'abord aller à la rencontre des "autres"dans une Europe en pleine construction, soutenu en cela par son oncle Martial. Sa vivacité d'esprit et son insatiable curiosité lui vaudront bien des succès et de belles rencontres. Les autres personnages sont attachants, chacun dans son genre, j'ai été émue aux larmes par le jeune Franz. Les lieux sont merveilleusement vivants et l'écriture soignée sans être prétentieuse, très imagée, une belle langue..

    Alors, au final, c'est un roman d'apprentissage, dépaysant à souhait, que j'ai beaucoup aimé et que je vous recommande vivement.

    Ma note 16.5

  • Une aventure monumentale d'Olivier Dutaillis

    Editions Albin Michel - Date de sortie : 4 mai 2016 - ISBN 9782226 321008 - 333 pages 

    4è de couv'

    Qui aurait pu imaginer que cette élégante touriste anglaise visitant les sites historiques de la France était une pilleuse de trésors ? Dans les années 1830, la séduisante Emily Dingham écume nos provinces pour faire main basse sur les chefs-d'oeuvre laissés à l'abandon qu'elle revend à prix d'or à Londres. La belle aventurière séduit des adversaires d'envergure : le jeune écrivain Prosper Mérimée, fraîchement nommé inspecteur général des Monuments historiques et chargé de sauvegarder les oeuvres qu'elle pille, l'architecte Viollet-le-Duc, et même, le bouillant Victor Hugo, chantre des cathédrales gothiques.

    Une vaste fresque, érudite et enlevée, à travers les bouleversements d'un xixe siècle qui se découvre une passion pour le passé et voit naître les premiers grands chantiers de restauration monumentale.

    Mon avis

    Voilà une idée originale qu'a eue l'auteur : une anglaise, Emily Dingham,  s'adresse à nous pour nous parler de la conservation et la restauration de notre patrimoine historique, en faisant revivre principalement trois personnages éminents dans le domaine : Mérimée, Hugo et Viollet-le-Duc. Ladite Emily nous en fait croiser beaucoup d'autres et c'est une réelle plongée dans l'époque 1830-1885 que nous vivons. 

    Cette aventurière devenue antiquaire par hasard et par nécessité absolue, pour ne pas dépendre d'un homme, est une redoutable opportuniste. Quand Mérimée aura "verrouillé" le domaine des monuments historiques, elle saura se reconvertir ; l'arrivée du chemin de fer nécessitant d'organiser le tourisme, elle ouvre une agence de tourisme, à l'instar de Mr Cook et ses fils, elle se spécialisant sur la France qu'elle connaît si bien et qu'elle aime.

    J'ai beaucoup aimé ce roman, érudit, documenté, qui se lit aisément et nous fait approcher l'intimité amoureuse, familiale, professionnelle de tout ce beau monde. Qui me donne également l'envie d'en savoir plus, d'approfondir les thèmes abordés : l'oeuvre de Mérimée dont mes souvenirs datent du collège, la période de la Seconde République, le contexte littéraire...

    Ne vous privez pas de cette lecture !

    Ma note 16

     

  • Seulement si tu en as envie de Bruno Combes

    Demi-pointes Editions - Date de sortie : 23 juin 2016 - ISBN 9782954 800158 - 334 pages

    4è de couv'

    Il l’attend depuis toujours...elle ne l’a pas vraiment oublié !
    Ils se sont connus à seize ans, sur les bancs du lycée d’Arcachon, puis chacun a fait sa vie de son côté.
    Camille est devenue une brillante avocate parisienne, Stephen vit de sa passion des livres entre Londres et Paris. Ils n’auraient jamais dû se revoir, mais le hasard en a décidé autrement.
    Les souvenirs s’entrechoquent, laissant apparaître les failles de l’attente et du désir.
    Leur histoire aurait pu être banale, jusqu’à ce que Camille découvre les pages blanches du « manuscrit inachevé ».

    Mon avis

    Une romance pleine de sensibilité, dont les deux personnages principaux sont attachants dans leurs élans et leurs doutes. Une plume qui court facilement pour nous raconter une histoire d'amour intense, bien plus fort que les obligations et les empêchements. Cela reste cependant une banale histoire d'adultère...

    L'auteur privilégie l'histoire sur le décorum (peu de descriptions, d'ambiance...) et la réflexion ; ça manque un peu de "chair" et d'approfondissement, mais ça en fait un page-turner pour l'été à venir.

    J'ai trouvé originaux les petits "chapeaux" après le titre de chaque chapitre, une manière de nous annoncer le menu.

    J'ai au final lu ce roman avec plaisir.

    Ma note 14,5 

  • Le temps est assassin de Michel Bussi

    Editions Presses de la Cité - Date de sortie : 4 mai 2016 - ISBN 9782258 136700 - 532 pages

    4è de couv'

    Été 1989, Corse, presqu’île de Revellatta. Un fatal accident de voiture : quatre occupants, une seule survivante, une adolescente de quinze ans. Tous sont morts sous ses yeux.
    Été 2016, devenue femme et mère, Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec sa famille, en vacances, pour exorciser le passé…
    A l’endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents, elle trouve une lettre.
    Une lettre signée de sa mère… Vivante ?

    Mon avis 

    La livraison Bussi de cette année est encore un très bon produit !

    Nous voilà en Corse, dont la famille de l'auteur est originaire, où Clotilde revient 27 ans après le drame qui l'a privée de ses parents et de son frère. Ce séjour, qui devait l'aider à faire connaître la région à son mari et sa fille de 15 ans, va se révéler un  retour compliqué, car quelqu'un s'ingénie à la replonger dans le passé : un fantôme ??

    Dans la touffeur de l'été, au camping où la famille avait ses habitudes de vacances, Clotilde va se retrouver à enquêter sur l'accident qui n'en était peut-être pas un, mais les indices s'effacent un à un... 

    Tout y est : le lieu, paradisiaque -les personnages - l'ambiance - l'intrigue bien ficelée - le rythme de l'écriture. Les chapitres alternent les deux époques et ceux correspondant à Clotilde-jeune sont les pages de son journal intime. On sent une jubilation de l'auteur à nous embarquer dans cette histoire. Il aime et sait raconter, nous entraîner, et nous, on se laisse prendre la main avec un grand plaisir !

    ((Un petit bémol cependant qui fait que ça n'est pas un coup de coeur, c'est un changement dans le style de l'auteur avec l'utilisation à l'envi du rythme ternaire dans les phrases (ex : y croire, décevoir, déchoir. p.190 - qui pourrait souhaiter, approuver, commander de tels malheurs ? p. 264 - de venir la rejoindre, l'accompagner, la protéger p.307)  ; ça m'a sauté aux yeux pendant la lecture. C'est censé appuyer le propos, mais pas rajouter des lignes ou délayer : trop c'est trop... Il ne faudrait pas que ça devienne un tic d'écriture !!))

    Bon j'arrête de chipoter et vous invite à vous précipiter sur ce roman pour essayer vous aussi de trouver le fin mot de l'histoire !!

    PS : à ce jour, je les ai tous lus, mais celui qui reste mon préféré dans les romans de Michel Bussi, c'est Ne lâche pas ma main ! suivi de près par Un avion sans elle.

    Ma note 16.5

    Citation

    *Doucement, le pouce de Natale lui caressa la paume de la main. Comme cette histoire de battement d'ailes d'un papillon entraînant un tsunami à l'autre bout du monde, ces infimes frottements sur sa peau provoquaient des ricochets de sensations jusqu'au plus profond de son ventre. Un tsunamour, ça existait ? (p.254)

    *L'amour c'est le père Noël pourles grandes personnes. (p.371)

    *Son Papé était comme les autres au fond. Un homme qui avait laissé filer en chemin ses illusions. Parce que le monde tournait trop vite, une gigantesque machine à essorer les utopies. (p.462)

  • Trois jours avec Norman Jail d'Eric Fottorino

    Editions Gallimard - Collection Blanche - Date de sortie : 11 février 2016 - ISBN 9782070 141111

    4è de couv'

    Qui est vraiment Norman Jail ? Quand Clara pousse la porte de sa maison du bord de mer, au printemps de l'an 2000, elle veut comprendre pourquoi ce mystérieux écrivain est resté l'homme d'un seul roman, Qui se souviendra de nous ? paru l'année de ses vingt ans en pleine Occupation. Etudiante en littérature, la jeune femme découvre peu à peu que derrière le pseudonyme de Norman Jail se cache un maître de l'illusion dévoré par la rage d'écrire, auteur sous pseudonyme de nombreux manuscrits inédits. Norman Jail ne dit pas forcément la vérité. Le secret de cet homme fascinant est à rechercher dans les plis de la fiction. 

    Mon avis 

    La nouvelle livraison d'Eric Fottorino nous offre une belle réflexion sur l'écriture, sa magie, les affres dans lesquelles elle peut plonger l'écrivain. La rencontre passionnante entre Norman Jail et l'étudiante qui vaille que vaille va poser les questions qu'elle a préparées et s'entêter à obtenir des réponses de cet homme secret, étonnant, amoureux des mots, le tout à l'excès. La technique du roman dans le roman est réussie car elle apporte les réponses que l'on attendait.

    Une plume inventive, pleine de jeux de mots, qui nous réjouit dans ce court roman que je vous recommande vivement.

    Ma note 17

    Citations

    *Je crois qu'écrire c'est repartir chaque fois de sa faiblesse. Je passe en revue mes pages comme une armée en déroute, et quand je tombe sur un passage qui appelle à l'aide, je prends mon courage à deux mains, enfin surtout avec la main droite, et je redresse les phrases à coups d'imagination. Ca ne paie pas de mine mais ça produit son effet. L'espoir renaît précisément là, dans le maquis des mots mal fichus qui ont besoin de mots. Un stylo n'a de stylo que l'apparence. C'est une pelle et une pioche. Une plume, sûrement pas. Ou alors au moment des finitions, pour effacer le travail et faire croire au crime parfait. (p.31)

    *Quand un homme se contredit, il devient intéressant car il commence à s'expliquer. (p.72)

    *Certains livres sont sortis de moi tout casqués de leur douce certitude, je n'étais qu'un copiste et ma main prenait les mots à la volée. C'est une chose étonnante, je l'ai déjà dit, quand la fontaine s'écoule. Il faut juste laisser l'encre se déposer, l'écriture devient une brise légère. (p.73)

    *Quand il eut terminé -était-ce au bout d'un chapitre, d'une phrase suspendue ?- Norman Jail referma son stylo, couvrant la plume d'un capuchon sévère. Il essuya la pulpe de ses doigts dont les sillons s'étaient teintés d'encre. Je m'attendais à voir sortir de sa bouche des mots en charpie, des débris de texte tailladés, et qui sait, le sang de sa rude bataille avec ses ennemis les adverbes. (p.111)

    *La vie cesse rapidement d'être drôle. Alors il faut la ranimer, lui redonner des couleurs. Je prends une poignée de mots, je les frotte les uns aux autres en espérant une étincelle. Ca ne marche pas à tous les coups. Mais il suffit parfois de très peu de mots pour que la vie renaisse et vous réchauffe, qu'elle brille d'un éclat intense. Et ne croyez pas qu'il faille déranger trop d'adjectifs. Au contraire, je les laisse aux compte-rendus de courses hippiques ou aux jubilés de reine. Je me contente de mots simples qui parlent à tout le monde. Secs comme des silex. (p.128)