La fin du monde a du retard de J.M. Erre

Couverture La Fin du monde a du retard

Editions Buchet-Chastel - 13 février 2014 - ISBN 978-2283027318 - 400 pages

Résumé

Construit sous la forme d'une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s'évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s'est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l'humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l'ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu'à l'incroyable révélation finale.

Pourquoi - comment ce livre ?

Pour le titre essentiellement, qui m'a bien accrochée lors d'un passage au Cultura de La Rochelle.  La 4è de couverture a fait la suite.

Mon avis

Quand je lis un roman, la première chose qui m'intéresse, c'est ce que ça raconte.

Là, l'obsession de Julius pour le grand complot organisé par Tiresias. Ce qui pousse le jeune homme à quitter l'hôpital psy où il est interné pour amnésie rétrograde et à vouloir sauver le monde. Accompagné d'Alice, patiente du même HP pour la même raison, et aidé par Ours, un ami virtuel dont il fait la connaissance physique lors de son évasion, il entame une course-poursuite avec policiers, journalistes et autres suiveurs mystérieux (dont un pigeon unijambiste et borgne), dans laquelle le temps est compté.

Ce livre est déjanté, truffé d'humour, de remarques drôlissimes. L'auteur s'en sert pour passer en revue toutes sortes de sujets : les médias, les geeks, la fin du merveilleux, l'industrie agro-alimentaire, le cinéma américain.... Mais, à la longue, trop c'est trop, quand ça prend le pas sur l'histoire. J'avoue que ça m'a un peu "fatiguée", car ça ralentit le rythme du récit, heureusement sauvé par les dialogues. 

A lire (y compris en diagonale)  pour passer un moment de détente.

Citations

* Le mythe est une oeuvre littéraire déculpabilisante où les atrocités commises par les hommes sont mises sur le dos de dieux comploteurs.

* La naissance de la littérature se fait donc sur ce projet : mentir. Les premiers écrivains avaient pour mission de travestir le réel pour trouver des alibis aux puissants.

* Dialogue  entre le commissaire Gaboriau (à 4 jours de la retraite) et son jeune collègue Matozzi :

- La seule pensée que je vous verrai pour la dernière fois dans quatre jours me faire aborder la retraite sous un tout autre angle.

- Je vous taquine ! Mon grand-père aime beaucoup que je le taquine ! J'ai beaucoup d'affection pour les gens diminués.

- Matozzi, vous êtes un parfait représentant d'une génération lamentable ! Plus aucun savoir-vivre ! Voilà quelque chose qu'on n'aurait jamais vu avant.

- Avant quand ? demanda Matozzi.

- Quand j'avais votre âge, par exemple. On savait ce que ça voulait dire, la politesse, quand on s'adressait à nos aînés.

- Vos aînés ? Vous voulez parler de la génération qui a fait la guerre d'Algérie ? C'est vrai qu'ils ont été bien polis là-bas.

- Ne soyez pas ridicule, Matozzi.

- Ou alors vous parlez de la génération encore avant. Celle qui dénonçait les juifs poliment pendant l'Occupation ? Ou bien les poilus de 14-18 et du fameux savoir-vivre des tranchées ?

auteur français humour regard décalé

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