psychiatrie

Bellevue de Claire Berest

 

Editions Stock - Date de sortie : 27 janvier 2016 - ISBN 9782234 079755 - 194 pages

4è de couv'

Alma se réveille à quatre heures du matin. Dans un hôpital psychiatrique. Deux jours plus tôt, elle fêtait ses trente ans. Écrivain prometteur, Alma est une jeune Parisienne ambitieuse qui vit avec Paul depuis plusieurs années ; tout lui sourit. Et, d’un coup, tout bascule. Son angoisse va l’emporter dans une errance aussi violente qu’incontrôlable et la soumettre à d’imprévisibles pulsions destructrices.

Que s’est-il passé pendant ces quarante-huit heures ?

Mon avis

Dans ce roman, on suit la descente dans l'enfer de la "folie" d'Alma, la narratrice qui, le jour de ses trente ans, se trouve confrontée à toutes ses peurs. Ce qui fait monter la panique en elle et la pousse à des comportements désordonnés et extrèmes. Les digues ont rompu, les repères s'effacent, le point de bascule est atteint. L'action est resserrée sur peu de temps, quelques jours avant son anniversaire et les quelques jours d'hospitalisation en psychiatrie. 

Je n'ai pas éprouvé de sympathie particulière pour ce personnage d'Alma, malgré sa solitude désespérée, son incompréhension de la situation où elle s'est mise, le fait qu'elle soit écrivain... Sans doute pour coller au plus près des pensées incontrôlées de la jeune trentenaire, l'auteur utilise un langage très cru dans certains passages, je l'ai compris même si ça n'est pas ma tasse de thé ; je le comprends moins quand il est utilisé dans les pensées d'un  personnage masculin vers la fin : ce n'était pas nécessaire...  Il y a une réflexion intéressante sur cet âge (charnière ?), où déjà des choses ne seront plus, mais où subsistent encore beaucoup de possibles, de choix.

Comme j'avais envie de savoir la fin, je suis allée au bout de ce court roman, mais il ne m'a pas vraiment emballée. L'auteur me l'avait pourtant bien vendu à La Grande Librairie du 21 avril dernier.

 Ma note 14.5

Citation

*Est-ce que quelque chose a changé à l'approche de mes trente ans ? (...) Je me suis mise à dire spontanément quand j'étais jeune, et non plus quand j'étais petite. Je me suis mise à remarquer les filles de vingt ans avec une tendresse ambigüe, une vague envie, et j'ai senti l'éclosion mordante d'une menace. (p.42)

*Qu'est-ce qui a changé ? Je suis une femme de trente ans, j'ai peur d'avoir l'air vieille dans une boîte de nuit, j'ai peur de ne pas accéder à la reconnaissance, j'ai peur de ne pas m'être fixée des objectifs, j'ai peur de ne pas avoir fait le tour du monde, j'ai peur de ne pas avoir d'enfants, j'ai peur de mon corps, j'ai peur de la trahison, j'ai peur d'être jalouse, j'ai peur d'être indifférente, j'ai peur du regard de mes amis, j'ai peur d'être violée, j'ai peur que les hommes se disent : 'elle est une femme de trente ans'. (p.100-101)

*Ce que l'on saisit d'une personne inconnue, à l'instable seconde de la rencontre, est vulnérable et définitif. Cette image capitale s'évanouit à la première parole, au premier rire. (p. 146)

*Je serai cette Alma de trente ans, rejoignant le symposium des femmes assumant l'insolvable équation d'être jeune et vieille dans la même promesse, mais osant vraiment scruter le regard des hommes pour s'y trouver, pour apprécier d'y voir ce qui en elles a basculé. (p. 193-194)

L'homme-dé de Luke Rhinehart

Editions de l'Olivier - Collection Replay - ISBN 9782823 604795 - 521 pages - Traduction de James du Mourier

4è de couv'

Depuis qu'il a décide de jouer aux dés chacune de ses décisions, le Dr Rhinehart, un psychiatre new-yorkais, a transformé sa vie en un immense jeu de hasard. Très vite, le " syndrome du dé " se répand. Expérimentateur en chambre, pionnier du chaos, le Dr Rhinehart a peut-être inventé sans le savoir le moyen d'en finir une fois pour toutes avec la civilisation. Mais le FBI veille...

Mon avis

Roman de l'absurde, L'homme-dé est inclassable. Après un début qui m'a fait marrer, à peu près jusqu'à la page 180, ça s'est mis à traîner en longueur et j'ai commencé à regarder le nombre de pages qui restaient à lire, signe très net que l'ennui s'installait. J'ai persisté jusqu'à la page 255 et décidé d'abandonner là. Déçue forcément !!

Il y a de bonnes choses cependant et je ne résiste pas au plaisir de citer ce passage : "Nous concûmes un besoin profond, irrationnel, indubitablement névrotique d'être l'un à l'autre : c'était l'amour, une des nombreuses formes socialement admises de la folie. Nous nous mariâmes : solution sociale à la solitude, à la concupiscence et au problème du blanchissage. (...) Comme le lecteur averti l'aura déduit depuis longtemps, nous étions des gens mariés typiques. Nous avions des moments de bonheur sans partage ; nous avions nos plaisanteries bien à nous; nous avions notre amour chaleureux, sensuel et sexuel, ainsi que notre souci commun (enfin, celui de Lil en tout cas) des enfants, notre intérêt pour eux, notre fierté ; et nous avions nos deux moi intimes de plus en plus frustrés et isolés. Les aspirations que nous nourrissions pour ces moi ne s'étaient pas accomplies dans le mariage, et tous nos débats et contorsions au lit n'y changeaient rien, bien que notre insatisfaction même nous unît." (p.115-116) Waouh ! quelle vision du couple...

Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir !

Ma note 14.5 (à cause de la longueur et du "délayage")

Citations

*En vérité, l'homme doit s'efforcer d'éliminer l'erreur et de se libérer ainsi que ses enfants du sens du moi. L'homme doit arriver à se sentir à l'aise en évoluant d'un rôle à un autre, d'un ensemble de valeurs à un autre, d'une vie à une autre. L'homme doit se libérer des barrières, des modèles et des cohérences, de façon à devenir libre de penser, de sentir et de créer des choses neuves. Les hommes se sont trop longtemps contentés d'admirer Mars et Prométhée ; c'est Prothée qui doit devenir notre Dieu. (p. 143)

*Et si nous élevions nos enfants autrement ? En récompensant leurs changements d'habitudes, de rôles, de goûts ? En les récompensant pour leur incohérence ? Qu'est-ce qui se passerait ? On pourrait leur inculquer la discipline de l'instabilité, ils pourraient s'appliquer à être incohérents, résolument exempts d'habitudes -même de "bonnes" habitudes. (p. 144)

*En nous transformant d'enfants en hommes, nous nous enfermons dans des modèles pour éviter l'affrontement de nouveaux problèmes et de risquer l'échec ; au bout d'un certain temps, les hommes s'ennuient parce qu'ils n'ont plus de nouveaux problèmes.Telle est la vie que nous vivons dans la crainte de l'échec. (p.148)

 

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