amitié

  • L'amie prodigieuse - Elena Ferrrante

    Editions Folio - Date de sortie : 1er janvier 2016 - ISBN 9782070 466122 - 430 pages - Traduction d'Elsa Damien

    4è de couv'

    Naples, fin des années cinquante. Deux amies, Elena et Lila, vivent dans un quartier défavorisé de la ville, leurs familles sont pauvres et, bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila, la surdouée, abandonne rapidement l'école pour travailler avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. En revanche, Elena est soutenue par son institutrice, qui pousse ses parents à l'envoyer au collège puis, plus tard, au lycée, comme les enfants des Carracci et des Sarratore, des familles plus aisées qui peuvent se le permettre.
    Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples sombre mais en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, après le passage par l'adolescence, à l'aube de l'âge adulte, non sans ruptures ni souffrances.

    Mon avis

    L'amie prodigieuse est le premier tome d'une saga, dont le deuxième tome est sorti chez Gallimard, en janvier 2016, sous le titre Le nouveau nom.

    Ce livre m'a donné du fil à retordre ! Arrivée à la page 150, on en est encore à planter le décor... Alors certes l'époque, le lieu, l'ambiance sont bien dépeints dans une langue soignée, mais le récit est trop linéaire, et je m'ennuie... Et puis cette sorte de "soumission" d'Elena à Lila m'agace un tantinet.

    Bref, je pose le livre que d'aucuns ont qualifié de chef d'oeuvre et y reviendrai peut-être un jour, mais pour l'heure j'ai envie, besoin, d'action !

    Ma note /

    L'auteur souhaite rester dans l'anonymat de son pseudonyme.

  • Un dernier tour de valse d'Inès de Kertanguy

    Editions Tallandier - Date de sortie : 18 mars 2016 - ISBN 9791021 017863 - 411 pages 

    4è de couv'

    Madrid, 1833. Sophianne, 10 ans, fait la connaissance d’Eugénie de Montijo, 7 ans, future impératrice des Français. Cette rencontre scelle son destin. Devenue son amie intime, Sophianne accompagne Eugénie dans son ascension, son mariage avec Napoléon III et la naissance du prince impérial. À 16 ans, sur un air de valse, Sophianne tombe éperdument amoureuse d’Octave de Lencelle, aristocrate et bonapartiste convaincu. Le couple est de tous les bals donnés par l’empereur et l’impératrice. Inséparable de la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III et rivale d’Eugénie, avec qui elle partage l’amour de la peinture, Sophianne passe d’une cour à l’autre : celle des Tuileries où réside le couple impérial et celle de la rue de Courcelles où règne Mathilde qui reçoit le Tout-Paris des arts et des lettres.

    Mon avis 

    Dans ce nouveau roman, qui est son 7è, l'auteur nous invite à suivre l'histoire de Sophianne de Lencelle, amie intime et indéfectible d'Eugénie de Montijo, Impératrice des Français et épouse de Napoléon III, de leur enfance à la mort de cette dernière. Une très belle histoire d'amitié

    La narratrice, Sophianne, écrit cette histoire à l'intention de sa petite-fille Valentine qui n'a connu aucun de ses parents. La plume est vive et fluide, les personnages réels ou de fiction bien campés, l'époque bien restituée. Les intrigues, politiques et amoureuses, se suivent et font tourner les têtes.

    J'ai regretté les quelques passages (heureusement peu nombreux) où l'auteur raconte l'Histoire, sortant ainsi du pacte romanesque "Show, don't tell !" et le trop peu de descriptions des fastes, toilettes et bijoux de la somptueuse Eugénie et de son entourage, le récit ayant pris le pas sur le decorum. Peut-être est-ce pour ce bémol que le roman restera pour moi, non un coup de coeur, mais seulement une très bonne lecture.

    Ma note 16

  • Dans les prairies étoilées de Marie-Sabine Roger

    Editions du Rouergue - Collection La Brune - Date de sortie : 4 mai 2016 - ISBN 978-2812610639​ -  302 pages

    4è de couv'

    Merlin, auteur d'une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d'autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l'album à venir…. Marie-Sabine Roger s'amuse allègrement à jongler entre deux mondes, celui de la réalité et de la BD, et donne naissance comme toujours à une tribu de personnages tout en couleurs.

    Mon avis 

    J'ai découvert ce roman à La Grande Librairie, où l'auteur a été invitée le 5 mai dernier et l'avait bien défendu. C'est elle qui avait écrit La tête en friche, devenu un film avec Depardieu.

    C'est rythmé par de très courts chapitres et des incises décrivant les bulles des BD écrites (ou rêvées) par Merlin, le personnage principal qui est aussi le narrateur. Nous avançons avec lui dans les coulisses émotionnelles de la création artistique et suivons les péripéties de la vie de Jim Oregon, avatar de son ami Laurent. Merlin a, du reste, bien du fil à retordre avec ses créatures suite à la lecture du testament de ce dernier et à la commande qu'il lui a passée

    Les personnages sont hauts en couleurs, excentriques à souhait, mais défendent de vraies valeurs. La plume est vive, inventive et malicieuse. 

    Sous son côté un peu foutraque, il y a cependant dans le roman de vraies réflexions sur le temps qui passe, sur le couple, sur l'amitié et on lit avec plaisir ce roman dans lequel on sent la jubilation de l'auteur.

    Ma note 15

    Citations

    *Depuis que je la connais, je n'ai jamais cessé d'être amoureux fou d'elle, et je crois bien que ça s'aggrave, comme toute affection de très longue durée. (p.68)

    *Chaque mort d'un ami est une lampe éteinte, qui rend notre chemin un peu plus hasardeux. (p. 128)

    *Avant d’aller dormir, j’ai pris le temps de me remettre le Nobel de la BD. Je ne l’avais pas reçu depuis au moins six mois. C’est un exercice très utile, au niveau de l’estime de soi.

    *Les femmes ont une force que nous sommes loin d'avoir, Merlin. Mais tout le mérite nous en revient : grâce à nous, elles ont des siècles d'apprentissage derrière elles. Des siècles d'esclavage, de soumission, de tartes dans la gueule. Et malgré tout, elles vivent, elles survivent, elles se battent. Elles se marrent. Et à la fin de leur vie, elles ne chialent pas sur elles-mêmes, comme je suis en train de le faire. On est vraiment des amateurs à côté d'elles. (p.148)

    *Les lecteurs... mettez une apostrophe, on entend l"électeur". Ce n'est pas un simple jeu de langue, une pirouette. On est lu parce qu'on est élu. C'est le lecteur qui fait l'auteur. Et pas l'inverse. 

  • Nos âmes jumelles T1/Nos âmes rebelles T2 de Samantha Bailly

      

    T1 - Editions Rageot - Date de sortie : 27 mai 2015 - ISBN 978-2700242881 - 312 pages

    T2 - Editions Rageot - Date de sortie : 17 février 2016 - ISBN 978-2700249262​ - 280 pages

    4è de couv'

    L'une est blonde, l'autre brune. L'une solaire et populaire, l'autre timide et solitaire. Sonia dite Yuna écrit pour une association, Trames, qui publie un fanzine. Elle y rencontre Lou-Tiamat, qui s'affirme dans l'art du dessin suite au divorce brutal de ses parents. Leur amitié virtuelle se double d'échanges sur leurs créations et leur vie affective. Jusqu'au jour où les deux jeunes filles se rencontrent un week-end autour d'un projet…

    Mon avis

    Un roman jeunesse en 2 tomes qui aborde tous les thèmes propres à l'adolescence : l'amitié, les premières amours, la différence, la fête, la place d'Internet et du téléphone... mais aussi le divorce des parents, les choix d'orientation qui s'imposent au lycée et la difficulté qu'il y a à bien choisir... 

    Bien ancré dans la réalité, il permet aux jeunes lecteurs de s'identifier aux personnages, notamment aux deux héroïnes qui sont attachantes, chacune dans son genre.  Nombre de messages sont "passés" au travers de cette histoire, tels que : "aller au bout de ses rêves, c'est possible" "attention à Internet et à ses mirages"... sans pour cela que le ton soit moralisateur. 

    Sur deux années importantes, la Première et la Terminale, on suit Lou et Sonia qui deviennent amies, confidentes puis "associées" pour l'écriture de BD que l'une écrit et l'autre illustre. On a mois après mois, l'alternance des voix entre les deux jeunes filles. L'écriture mêle récit, SMS, dialogues, ce qui donne un rythme rapide à l'histoire. 

    L'auteur, dont on sent qu'elle a mis beaucoup d'elle dans le roman, est une valeur sûre, passionnée par son métier et qui en parle facilement. 

    A faire lire sans réserve aux ados ! 

    Ma note 16 

     

  • Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet

    Gulf Stream Editeur - Date de sortie : 3 septembre 2015 - ISBN 9782354 882068 - 392 pages

    4è de couv'

    Solange, dix-sept ans, court les bals parisiens en compagnie de Clémence et Lili. Naïve, la tête pleine de rêve, elle se laisse séduire par Robert Maximilien et accepte de l'épouser. Mais son prince est un tyran jaloux, qui ne la sort que pour l'exhiber lors de dîners mondains. Coincée entre Robert et Emma, sa vieille tante aigrie, Solange étouffe à petit feu. Heureusement Lili la délurée et la douce Clémence sont là pour la soutenir. Quand la première guerre mondiale éclate, Robert est envoyé sur le front. C'est l'occasion pour Solange de s'affranchir de la domination de son mari et de commencer enfin à vivre, dans une ville où les femmes s'organisent peu à peu sans les hommes...

    Mon avis 

    J'avais vu une bonne critique de ce roman sur la chaîne Youtube de Lanylabooks et  j'aime bien la plume de cette auteur, bien qu'elle soit là dans un genre différent de ce qu'elle nous offre habituellement.

    Il s'agit en effet d'un roman historique, dont l'action se situe entre 1912 et 1920. On suit la jeune Solange, qui fuit un père violent pour rejoindre son amie d'enfance à Paris. Cette dernière chante dans un cabaret, et Solange travaille dans un atelier de couture où elle se lie d'amitié avec Clémence, jusqu'au jour où elle rencontre son futur mari, employé de banque. La guerre déclarée, la vie des femmes s'organise.

    C'est un récit foisonnant. Tant dans le nombre de personnages, que dans les situations vécues, les thèmes abordés ou  la forme du récit :  lettres échangées,  extraits du journal intime de Solange ou articles de presse de l'époque. 

    La période est bien rendue avec des incursions sur le front et les tranchées au travers des courriers et journaux, et la vie "à l'arrière", du point de vue féminin, voire féministe. Le travail des ouvrières pour remplacer les hommes dans les usines, les oeuvres pour aider soldats et orphelins, la vie culturelle qui continue malgré tout, le rôle de la presse, l'évolution des moeurs aussi, autant de sujets tissés dans l'intrigue. 

    Beaucoup de personnages, de toutes conditions, traversent le roman. On rencontre Marcel Proust, Romaine Brooks, on évoque Diaghilev, Colette, Jack London... mais ce sont Pierre, Henriette, Marthe et Tante Emma qui m'ont le plus accrochée.  Solange, elle, est difficile à cerner, tout à la fois présente de bout en bout, mais pas vraiment impliquée. Elle vit la guerre sans engagement particulier, si ce n'est auprès d'Emma, libérée de la présence de son mari, présente pour ses amies, mais on ne sent guère d'inquiétude chez elle, à l'inverse de ce que vit son amie Clémence. Elle est "à distance" semble-t-il. Malgré tout, à la fin du roman, elle a changé, a évolué, s'est cultivée à travers le piano, l'anglais, l'écriture..

    Difficile d'être exhaustif pour évoquer ce roman, tant il est riche. La plume est soignée et on ne peut lâcher le livre une fois commencé. Alors je vous le recommande chaudement. 

    Ma note 17

  • Après la fin de Barbara Abel

    Editions Pocket - date de sortie : 9 avril 2015 - ISBN 978-2266246187 - 348 pages

    Résumé

    Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d’autres époux… Aujourd’hui leur couple bat de l’aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n’est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique… Si Milo n’était pas leur fils adoptif. Si Milo n’était pas le fils de leur ancien voisin David qui s’est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n’était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l’âge de 7 ans. Si Milo n’avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n’était pas venue s’installer précisément dans leur ancienne maison, de l’autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans… La fin de Derrière la haine nous a tous bouleversés. Barbara Abel n’en reste pas là. Que deviennent Tiphaine, Sylvain et Milo, ces trois personnages qui ont vécu l’horreur et qui ont inconsciemment choisi de s’imposer l’enfer quotidien en restant dans une maison qui a abrité tant de drames ? Et juste à côté d’une autre maison qui, dès qu’ils en rouvriront la porte, laissera ressortir tous les fantômes du passé ?

    Mon avis 

    Tournée la dernière page de Derrière la Haine, je me suis jetée sur ce 2è tome, tant je ne voulais pas quitter cette histoire prenante et voir ce que l'auteur nous réservait encore !!

    Belle surprise, car l'histoire est différente, bâtie évidemment sur des éléments du précédent tome, mais avec de nouveaux personnages intéressants avec qui on est immédiatement en empathie. L'auteur a une manière bien à elle de décrire les sensations qu'elle leur fait éprouver. Par exemple, dans le passage suivant, j'aurais presque pu ressentir le malaise de Tiphaine : "La douleur, qu'elle parvenait pourtant à dompter depuis quelques années, rugit dans ses tripes, remonta dans sa poitrine, et explosa dans sa gorge qu'elle lacéra de ses crocs d'amertume, la mettant au supplice. Un étau d'acier aux dents de fiel. Sensation d'oppression. Suffocation. Elle sortit sur la terrasse. Besoin d'air. Respirer lentement, maîtriser la violence qui faisait rage en elle, tempête hostile telle une tornade d'aversion. (...) Poignard. Là, juste au milieu du coeur, une lame dévorante qui s'enfonça dans sa chair pour y répandre le venin du remords, peut-être le pire poison qui soit. Celui qui ne laisse pas de repos. Celui qui consume à petit feu."

    Et puis la construction du roman est intelligente, utilisant les codes du genre pour mettre le lecteur sous tension, de manière subtile, à petites touches. Alors, on sait qu'il va se passer quelque chose, les éléments s'accumulent, mais on ne sait quand ça arrivera, et ça nous prend au détour d'un paragraphe... Cependant pas de coups de théâtre flamboyants, pas de rebondissements fracassants et peu crédibles, juste comme dit l'auteur Je fais dans le « crime domestique ». L’ordinaire aux prises avec « l’extra-ordinaire ». Et je peux vous dire que c'est bien fait... Jusqu'à une fin relativement ouverte qui laisse de la place au lecteur.

    Bref, encore une très bonne lecture que vous ne sauriez manquer, n'est-ce pas ?

    Ma note 17.5 

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