témoignage

Le choeur des femmes de Martin Winckler

Editions Folio - Date de sortie : 2 février 2011 - ISBN 9782070 440399 - 671 pages

4è de couv'

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

Mon avis 

A mes yeux, ce livre est un OLNI (objet littéraire non identifié), tour à tour roman, essai, journal de bord et guide pratique. 

Bien sûr, l'intrigue autour de Jean Atwood et l'évolution de son personnage au fil du roman sont intéressantes. Tout comme tout ce que l'on apprend sur la gynécologie "ordinaire" et l'écoute dûe aux patientes. Mais pas plus que les réflexions philosophiques, sociologiques sur le métier de gynécologue. Ni que sur la chirurgie réparatrice des organes sexuels. 

Les personnages sont attachants, voire bouleversants.  Frantz Karma, notamment, est d'un humanisme magnifique. 

En bref, vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre, dont j'ai parfois "passé" quelques pages (de descriptions des cas de patientes...), mais dont l'écriture dense et prenante m'a beaucoup plu. A lire et faire lire autour de soi, par hommes et femmes, sans modération.

Ma note 16

Ce livre participe au challenge 

Maxim's - L'histoire d'un rêve de Jean Mauduit

Couverture Maxim's - L'histoire d'un rêve

Editions du Rocher - Collection Un Nouveau Regard - Date de sortie : 24 novembre 2011 - ISBN 978-2268072098 - Nombre de pages : 235 - Préfacé et postfacé par Pierre Cardin.

Résumé

"On n'achète pas un endroit comme Maxim's, c'est lui qui vous prend. La première émotion n'est pas de franchir sa façade 1900, mais de songer que c'est là même, dans ce qui n'était alors qu'un studio d'architecte, que Jacques Ange Gabriel a dessiné en 1758 pour la future place Louis XV les plans du garde-meuble royal qui deviendra l'hôtel de la Marine, ainsi que ceux du premier hôtel de la Monnaie, aujourd'hui hôtel Crillon." Pierre Cardin

Pourquoi - comment ce livre ?

Parce que je suis encore en train de documenter sur la Belle Epoque pour mon prochain manuscrit et que Maxim's est un incontournable du moment.

Les premières pages en 3 minutes   

Mon avis : à venir...

Prête-moi ton âme, d'Alexandre Grigoriantz

Couverture Prête-moi ton âme

Editions Trajectoire - Date de sortie : 3 mai 2014 - ISBN : 978-2841976591 - 152 pages

Résumé 

C'est l'histoire incroyable mais vraie de la jeune Alexandra Toselli, qui au sortir d'un coma de 3 mois provoqué par une embolie pulmonaire se retrouve dotée de la mémoire et de la personnalité d'une autre, morte d'un accident dans son quartier au moment même où Alexandra perdait connaissance.
L'auteur qui a étudié les métamorphoses de la personnalité subies par les traumatisés, analyse dans ce livre toutes les explications possibles.

Pourquoi - comment ce livre ?

Après avoir lu le témoignage de Charlotte Valandrey dans De coeur inconnu, envie d'en lire plus sur le sujet.

Mon avis 

En ouvrant ce livre, il faut s'apprêter à lire l'incroyable, l'impensable, et pourtant...

Pourtant, le témoignage sur la transmigration de l'âme de Florence dans le corps d'Alexandra semble bien relater la vérité. Comment expliquer, sinon, les étranges connaissances qu'a eues Alexandra de la vie intime de Florence ? Comment imaginer une supercherie, une mystification de cette ampleur ? 

Alors, au final, ce livre, appuyé par tous les articles et autres vidéos que j'ai pu lire ou voir sur le sujet, a renforcé mon idée qu'il y a quelque chose après la mort, que le passage sur terre n'est pas que l'affaire de quelques années, vaines si elles ne s'inscrivent pas dans un cursus plus important, plus ambitieux. Et il me plaît de penser que de chers disparus re-vivent dans d'autres corps et améliorent ainsi leur karma....

Un beau message d'espoir, un livre à lire, au moins par curiosité !

Citation

* La vieillesse, c'est quelque chose que nous devons subir pour comprendre que nous ne devons pas attribuer d'importance aux choses qui n'en ont pas.

Mali, ô Mali d'Erik Orsenna

Couverture Mali, ô Mali

Editions Stock - 19 février 2014 - 403 pages

Résumé

Voulez-vous les dernières nouvelles du Mali ?Un guide que vous connaissez bien, Mme Bâ Marguerite, se propose de vous y emmener. 

Cette dame, qui n’est pas humble de nature, se prend pour une Grande Royale, une Jeanne d’Arc africaine. Elle veut libérer son pays des djihadistes et c’est son petit-fi ls, exfootballeur devenu griot, qui raconte sa campagne mi-glorieuse, mi-désespérée.
Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia. Vous découvrirez l’économie très puissante et très illégale dont vit grassement le Sahara. Vous ferez connaissance avec des petits capitaines, soldats d’opérettes, terrorisés par les combats. Vous tomberez sous le charme de leurs épouses prédatrices, frénétiques de la Visa Premier. Vous remonterez le fl euve Niger en évitant toutes sortes de périls. Vous verrez comment et pourquoi bandits et djihadistes s’entendent comme larrons en foire. Vous saluerez des musiciens et des tisserands, inlassables créateurs des liens qui fabriquent un pays. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister à l’arrivée des Français… Surtout, vous plongerez dans la réalité du Mali, sa vaillance, sa noblesse.

Mali, ô Mali ! Comment ne pas comprendre que ta fragilité est la nôtre ?

Pourquoi - comment ce livre ?

Parce que je suis une inconditionnelle de l'auteur et que j'avais adôooré Madame Bâ.

Mon avis 

On retrouve avec grand plaisir une Madame Bâ "si pleine d'années et de kilos" dont la verve enchanteresse et les voix qu'elle entend et qui la guident nous aident à mieux comprendre ce qui se joue dans ce grand territoire qu'est le Mali. Elle en était partie dix ans plus tôt et pour nous, il apparaît quotidiennement dans les journaux télévisés.

Son petit-fils-griot préféré, Ismaël, est chargé de la raconter et nous entraîne à leur suite dans les cabinets ministériels, dans le quotidien des camps de réfugiés, dans le Nord, zone d'affrontements. Aucune résignation chez Mme Bâ, elle a des combats à mener : libérer le Nord, réguler les naissances ("j'espérais que les ventres des femmes s'étaient calmés pendant mon absence") en promouvant l'éducation des filles ("C'est à la fois une Jeanne d'Arc et une institutrice") et donner un vrai statut aux femmes ("Dieu avait-Il vraiment voulu que les hommes somnolent ou parlotent toute la journée à l'ombre des acacias, tandis que les femmes s'épuisent au soleil"). Son immodestie, qui chez toute autre serait agaçante, lui permet de se faire entendre là où c'est nécessaire (et a failli lui coûter sa langue...SourireJ'ai aimé la tendresse un peu vacharde de son griot de petit-fils "Vous le savez, Madame Bâ est une planète : sa masse suffit à influer sur la circulation des autres corps" et les surprises qui émaillent le récit, comme la visite de FH...Clin d'œil

Le style Orsenna fait toujours mouche et j'ai trouvé habile et facétieux qu'il reprenne ce personnage haut en couleurs pour aborder un sujet aussi grave et nous le rendre compréhensible.

Une très bonne lecture, donc, qu'il ne faut pas manquer ! 

Citation

*...ce regard commun à tous les réfugiés. Un regard qui ne voit pas, aux couleurs délavées, un regard usé peut-être par trop de sable, peut-être par trop de soleil brûlant, peut-être par trop de scènes de mort, un regard qui ne fait plus confiance au monde, un regard qu'on croit encore un regard parce que les yeux sont ouverts mais, derrière, la porte est fermé, un rideau de fer est tombé, un regard qui ne redevient un regard qu'en se posant sur les enfants et encore, pas toujours....

Oui j'ai connu des jours de grâce de Pierre VEILLETET

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Editions Arléa Poche - Mai 2013 - 793 pages

Résumé

C'est donc l'heure où, à la campagne, les chaises sont tirées dehors ; la fraîcheur est venue. En ville, un passant s'arrête, sans motif ni soif, à une terrasse de café, parce que la lumière oblique embrase les verres et les vitres -les gens soudain ont des yeux. Dans l'arène sort le cinquième taureau qui n'est jamais mauvais ; l'ombre achève de recouvrir la place. C'est l'heure safranée du sud. La chute du soleil apporte le répit et les odeurs puissantes de la terre. Le monde n'est plus craint ni agi, il est contemplé. Il est enfin là, pour qu'on en jouisse. C'est l'heure bleue.
7 oeuvres ici réunies : la pension des nonnes - Mari-Barbola - Bords d'eaux - Querencia - Coeur de Père - Le Vin, leçon de choses - Le Prix du sang.

Mon avis 

J'ai acheté ce livre lors de mon stage d'écriture de l'été à Bordeaux. L'auteur en est l'ancien rédacteur en chef de Sud Ouest dimanche, amoureux invétéré de Bordeaux, du bordelais, du sud-ouest en général et en particulier.

Dans ce gros pavé préfacé par Catherine Guillebaud, on trouve rassemblés les 7 titres des récits de Pierre Veilletet, mon préféré étant Bords d'eaux et plus précisément les deux chapitres : Bordeaux, images flottantes et surtout Médoc, presqu'île intime qui parle si bien des nuages et du terroir natal de ma maman chérie.

Querencia est une somme de 33 fragments dont les titres vont de La bonne chaussure à Jours d'enterrement, de L'huître au Poulet rôti en passant par La Morue et le Chocolat, de même que Le Vin, leçon de choses (20 fragments), les deux, recueils de souvenirs, d'impressions, de ressentis,  et de commentaires souvent très pertinents de l'auteur.

Je n'ai pas goûté Le Prix du Sang et apprécie peu l'engouement qu'avait l'auteur pour la tauromachie, mais après tout chacun ses goûts. Ce qui est certain et qui m'a transportée du plaisir de lire, c'est  la beauté de la plume de cet auteur. Jugez-en plutôt :

"En allant vers la Pointe aux oiseaux, non loin des vases de l'estuaire et à deux pas de l'Océan dont on entend déjà le souffle, se trouve 'la petite Flandre du Médoc'. Une ligne d'horizon basse, piquée de tamaris échevelés, d'herbes folles, de liserons et de lys sauvages. Un dixième de terre, neuf dixièmes de ciel et de vent (...) Il n'y manque ni la voile lointaine qu'on semble affaler à même la prairie, ni la ponctuation légère d'une mouette (...) Parler de ce Médoc atlantique où l'ultime clocher appelle la protection de Notre Dame de la fin des terres, ce n'est pas convoquer en vain la dramaturgie céleste (...) Comme dans la Frise (...) comme en Galice, à toutes ces extrémités du monde où le sol soudain vient à manquer sous le pas de l'homme, règne en effet l'empire des nuages (...)"

C'est aussi l'immense culture dont il fait montre au travers de ses écrits, sans pédanterie mais avec l'esprit de partager. Et puis des formules qui claquent, comme j'aime : "Dans cette population balnéaire où tout le monde finissait par ressembler à n'importe qui" ou "il aimait les voir s'égailler à la fermeture des boutiques, impeccablement trop maquillées, vêtues de tailleurs stricts pour avoir l'air de femmes d'affaires et non de vendeuses, mais n'ayant pas résisté aux avantages visibles d'une taille 10 sur une taille 12 (...)" Il y en a tellement qu'il aurait fallu recopier le livre pour rendre justice à son art de la formule !

Un ouvrage atypique dans mes habitudes de lecture, mais que j'ai énormément apprécié et que je vous recommande si vous aimez l'écriture soignée et notre monde contemplé par un oeil exercé et décrit de belle façon.coup-de-coeur-3.jpg

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