écrivain

Trois jours avec Norman Jail d'Eric Fottorino

Editions Gallimard - Collection Blanche - Date de sortie : 11 février 2016 - ISBN 9782070 141111

4è de couv'

Qui est vraiment Norman Jail ? Quand Clara pousse la porte de sa maison du bord de mer, au printemps de l'an 2000, elle veut comprendre pourquoi ce mystérieux écrivain est resté l'homme d'un seul roman, Qui se souviendra de nous ? paru l'année de ses vingt ans en pleine Occupation. Etudiante en littérature, la jeune femme découvre peu à peu que derrière le pseudonyme de Norman Jail se cache un maître de l'illusion dévoré par la rage d'écrire, auteur sous pseudonyme de nombreux manuscrits inédits. Norman Jail ne dit pas forcément la vérité. Le secret de cet homme fascinant est à rechercher dans les plis de la fiction. 

Mon avis 

La nouvelle livraison d'Eric Fottorino nous offre une belle réflexion sur l'écriture, sa magie, les affres dans lesquelles elle peut plonger l'écrivain. La rencontre passionnante entre Norman Jail et l'étudiante qui vaille que vaille va poser les questions qu'elle a préparées et s'entêter à obtenir des réponses de cet homme secret, étonnant, amoureux des mots, le tout à l'excès. La technique du roman dans le roman est réussie car elle apporte les réponses que l'on attendait.

Une plume inventive, pleine de jeux de mots, qui nous réjouit dans ce court roman que je vous recommande vivement.

Ma note 17

Citations

*Je crois qu'écrire c'est repartir chaque fois de sa faiblesse. Je passe en revue mes pages comme une armée en déroute, et quand je tombe sur un passage qui appelle à l'aide, je prends mon courage à deux mains, enfin surtout avec la main droite, et je redresse les phrases à coups d'imagination. Ca ne paie pas de mine mais ça produit son effet. L'espoir renaît précisément là, dans le maquis des mots mal fichus qui ont besoin de mots. Un stylo n'a de stylo que l'apparence. C'est une pelle et une pioche. Une plume, sûrement pas. Ou alors au moment des finitions, pour effacer le travail et faire croire au crime parfait. (p.31)

*Quand un homme se contredit, il devient intéressant car il commence à s'expliquer. (p.72)

*Certains livres sont sortis de moi tout casqués de leur douce certitude, je n'étais qu'un copiste et ma main prenait les mots à la volée. C'est une chose étonnante, je l'ai déjà dit, quand la fontaine s'écoule. Il faut juste laisser l'encre se déposer, l'écriture devient une brise légère. (p.73)

*Quand il eut terminé -était-ce au bout d'un chapitre, d'une phrase suspendue ?- Norman Jail referma son stylo, couvrant la plume d'un capuchon sévère. Il essuya la pulpe de ses doigts dont les sillons s'étaient teintés d'encre. Je m'attendais à voir sortir de sa bouche des mots en charpie, des débris de texte tailladés, et qui sait, le sang de sa rude bataille avec ses ennemis les adverbes. (p.111)

*La vie cesse rapidement d'être drôle. Alors il faut la ranimer, lui redonner des couleurs. Je prends une poignée de mots, je les frotte les uns aux autres en espérant une étincelle. Ca ne marche pas à tous les coups. Mais il suffit parfois de très peu de mots pour que la vie renaisse et vous réchauffe, qu'elle brille d'un éclat intense. Et ne croyez pas qu'il faille déranger trop d'adjectifs. Au contraire, je les laisse aux compte-rendus de courses hippiques ou aux jubilés de reine. Je me contente de mots simples qui parlent à tout le monde. Secs comme des silex. (p.128)

De là on voit la mer de Philippe Besson

Editions 10/18 - Date de sortie : 2 janvier 2014 - ISBN 9782264 062772 - 185 pages

4è de couv'

Sur les hauteurs de Toscane, Louise se voue toute entière à l'écriture de son roman. Un exil volontaire qu'elle savoure loin de Paris et du mari qui l'attend, émancipée du monde. Quand Luca un jeune homme au charme insolent, réveille son désir, elle s'abandonne à la joie d'une liberté sans concession. Jusqu'à ce qu'un grave accident la rappelle au chevet de son mari...

Mon avis

Encore bonne pioche avec ce court roman, dont pourtant j'avais lu des critiques pas très flatteuses. Et bien, pour ma part, les deux fils narratifs, de l'adultère et de l'écriture, sur fond de liberté et d'émancipation, m'ont incitée à la réflexion et j'aime qu'il en soit ainsi. Etonnée par exemple avec la comparaison que fait Louise de l'écrivain avec un menteur ; ça m'a tenue un moment en gamberge !! Mais totalement d'accord sur le fait que la liberté exige des choix et parfois même des sacrifices, plus ou moins pesants selon l'objectif de vie que l'on se donne.

Pour ce qui est de l'écriture, no problemo, j'adore ! notamment les dialogues qui n'en sont pas vraiment entre Louise et François, son mari, et qui permettent à l'auteur de nous livrer les dilemnes auxquels sont soumis les personnages,  leurs pensées, raisonnements. Il y a une réelle efficacité dans la plume de Philippe Besson. C'est ciselé, ramassé, bien senti et ça fait mouche.

Un auteur que je découvre, mais dont je vais fouiller la bibliographie, sans aucun doute.

Ma note 17

Citation

*Mariée, certes. Mais indemne, identique. C'est ainsi qu'elle s'est imaginée. Et probablement l'a-t-elle été. Pendant quelques temps. Car, bien entendu, même malgré soi, avec le temps, on revêt les habits des époux et on est nimbé par une forme d'appartenance, et on est lesté par une sorte d'inertie, et on égare peu à peu la liberté et la jeunesse au profit du confort et d'une prétendue sérénité. (p. 121)

Ce roman participe au Challenge Livresque - Top 50 pour Un livre dont les critiques sont mauvaises.

et au Challenge 

Juste avant l'oubli d'Alice Zeniter

Editions Flammarion - Date de sortie : 19 août 2015 - ISBN 9782081 334816 - 285 pages

Logo prix litteraire Prix Renaudot des Lycéens 2015

4è de couv'

Il règne à Mirhalay une atmosphère étrange. C’est sur cette île perdue des Hébrides que Galwin Donnell, maître incontesté du polar, a vécu ses dernières années avant de disparaître brutalement ? il se serait jeté du haut des falaises. Depuis, l’île n’a d’autre habitant qu’un gardien taciturne ni d’autres visiteurs que la poignée de spécialistes qui viennent tous les trois ans commenter, sur les « lieux du crime », l’oeuvre de l’écrivain mythique. Cet été-là, Émilie, qui commence une thèse sur Donnell, est chargée d’organiser les Journées d’études consacrées à l’auteur. Elle attend que Franck, son compagnon, la rejoigne. Et Franck, de son côté, espère que ce voyage lui donnera l’occasion de convaincre Émilie de passer le restant de ses jours avec lui.Mais sur l’île coupée du monde rien ne se passe comme prévu. Galwin Donnell, tout mort qu’il est, conserve son pouvoir de séduction et vient dangereusement s’immiscer dans l’intimité du couple.

Mon avis 

Ce roman se passe aux Hébrides, vers l'Ile de Barra où se situait mon premier roman et parle d'un écrivain : deux raisons pour que je l'achète !!

J'ai trouvé très original que l'auteur invente complètement un écrivain, ses oeuvres, les interviews qu'il a données, des citations de ses romans. Un vrai gros travail de conception que je salue bien bas. Deux fils narratifs sont présents : l'histoire d'amour entre Emilie, la thésarde, et Franck (venu la rejoindre sur l'île afin de lui proposer un pour toujours entre eux) le temps des journées d'études trisannuelles sur le célèbre Galwin Donnell. L'auteur tisse les deux habilement, passant de l'amour qui s'effiloche à l'ambiance entre universitaires.

La vie sur cette île complètement isolée et déserte en dehors de cette période, où l'on n'échappe pas au bruit des vagues, au vent et à l'odeur des algues, a quelque chose de désespérant, de vain. Et le fantôme de Donnell (suicidé ou tué ?) n'est pas que dans l'île, il se glisse également entre Franck et Emilie. L'ambiance sur l'île, le mauvais temps, les tensions entre les universitaires et les relations Emilie/Franck qui se dégradent inexorablement, tout concourt à la morosité qui se dégage du roman.  A ne pas lire assurément les jours de cafard !

Les courts chapitres ne parviennent pas à donner du rythme à l'histoire et les personnages ne m'ont pas émue une minute. Cela dit, c'est une belle écriture, inventive, avec une vraie atmosphère ! Dommage que l'intrigue ne soit pas plus consistante. Je vous laisse vous faire votre avis...

Citations, belles tournures, trouvailles de langue

*Elle comptait les vergetures et les plissements qui commençaient à parcourir son corps, à le redessiner, à le découper en territoires étrangers. (p 27)

*(des chambres) dont les grandes fenêtres s'ouvraient sur la terrasse comme une trahison de l'intime. (p 71)

*Ils parlaient en notes de bas de page sans que la conversation révélât jamais le corps du texte. (p 87)

*Au coin des bouches, les miettes des friands à la saucisse se mêlaient aux citations. (p 210)

*Ses cheveux bouclaient autour de sa tête comme des petits animaux groupés là parce qu'il y faisait bon. (p 213)

Ma note 14

 

Le livre des Baltimore de Joël Dicker

Editions de Fallois - Date de sortie : 30 septembre 2015 - ISBN 978-2877069472 - 476 pages

4è de couv'

Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter.

Mon avis 

J'avais résisté à l'engouement général pour La vérité sur l'affaire Harry Québert et quand enfin, je l'ai écouté en audiolivre, je l'ai bien regretté tant j'ai aimé cette histoire. Alors j'étais curieuse de découvrir ce nouvel opus et d'y retrouver Marcus Goldman. Et ce malgré certains critiques littéraires qui dénigraient le roman, en le taxant, non de littérature, mais de roman populaire.

Autant le dire tout de suite, j'ai adoré ce roman que j'ai dévoré en moins de deux jours !

Certes, les ficelles scénaristiques comme les cliffhangers, sont un peu grosses parfois, les allers-retours incessants dans l'histoire souvent déroutants, quelques dialogues un peu longuets et "fabriqués" (celui de Roy Barnaski par exemple p.132), mais il y a tellement de points positifs !

A commencer par les personnages que j'ai suivis avec la même fascination que celle de Marcus pour les Baltimore. Je me suis sentie proche d'eux comme si je les côtoyais tous les jours, j'ai ri avec eux, pleuré avec eux... Et puis cette saga familiale, bien pensée et riche d'une peinture de toute une époque de l'histoire américaine m'a embarquée et je n'avais de cesse de découvrir ce qu'était le Drame, pivot autour duquel tourne le roman. 

Le rythme est vif et nerveux, comme j'aime, la plume facile. Alors, oui, ce roman est un coup de coeur.

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Ma note 18.5

Citation (sur la première page, ça commençait fort !!)

*Ecrire un livre, c'est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d'ordinaire solitaire et tanquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare, et viennent chambouler votre existence. Ils arrivent un matin, à bord d'un grand bus dont ils descendent bruyamment, tout excités qu'ils sont du rôle qu'ils ont obtenu. Et vous devez faire avec, vous devez vous en occuper, vous devez les nourrir, vous devez les loger. Vous êtes responsable de tout. Parce que vous, vous êtes l'écrivain.

Ce livre participe au Challenge Top50 Livresque pour un livre dont l'histoire se passe dans un autre pays.

Ostende 1936 de Volker Weidermann

   

Editions Piranha - Date de sortie : 5 mai 2015 - ISBN 9782371190191 - 153 pages - Traduction de Frédéric Joly

Résumé

Ostende, la station balnéaire huppée belge, le soleil, la mer, l'ambiance des cafés d'avant-guerre : pour les deux amis qui s'y retrouvent en cet été 1936, cela ressemble à de banales vacances où l'essentiel est de prendre du bon temps. Sauf que ces deux amis, ce sont Stefan Zweig, le richissime écrivain de bonne famille, et Joseph Roth, l'alcoolique miséreux mais génial, désormais indésirables dans une Allemagne nazie où leurs livres sont interdits. Les écrivains qui les rejoignent, dont Arthur Koestler, sont, comme eux, traqués, bannis, à mesure que la situation politique en Europe empire. 
Ostende 1936 est un « roman vrai » dans lequel Volker Weidermann raconte l'histoire envoûtante d'un été pas comme les autres, à la veille des atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Un été au cours duquel Zweig, Roth et bien d'autres se sont réunis pour célébrer la vie comme on ne le fait que par désespoir. Une fête d'adieu à la culture européenne.

Mon avis 

Un petit roman doux-amer sur un temps d'entre-deux, où les artistes réalisent qu'ils vivent la fin d'une période, avec l'interdiction de publication pour certains, la suspicion sur ceux qui ne sont pas interdits, une atmosphère délétère. A Ostende, ils sont tout un groupe à profiter des derniers moments de calme avant la tourmente, avant que leurs chemins se séparent. Chacun vivra la période à venir à sa façon : exil, fuite,  abus de tous ordres, résistance à l'ennemi... Il y a comme un voile gris sur ce groupe dans cette ville balnéaire, une tristesse qui plombe les moments de fête.

Ce livre est pour moi une petite déception. J'aime beaucoup les écrits de Stefan Zweig et j'attendais qu'il soit mis en scène avec davantage de panache, de détails. Or c'est Joseph Roth qui a la part belle dans le texte. J'ai lu un objet littéraire qui n'est, pour moi, ni tout à fait un roman, ni tout à fait une biographie. Quelques soucis de style, au début notamment, dûs à la traduction ? Bref, lecture pas tout à fait concluante pour ma part...

Ma note 13

Ce livre participe au Challenge Top50 Livresque pour un livre lu en une journée.

Le sourire des femmes de Nicolas Barreau

Editions Le Livre de Poche - Date de sortie : 28 janvier 2015 - ISBN 978-2253099819 - 330 pages - Traduit de l'allemand par Sabine Wickaert-Fetick

Résumé

Encore sous le coup du départ soudain de son compagnon, Aurélie remarque dans une librairie un roman intitulé Le sourire des femmes. La lecture passionnée de ce livre, où elle se reconnaît dans le personnage principal, la sauve du désespoir. Aussi décide-t-elle de remercier l'auteur en l'invitant au restaurant. Mais rencontrer l'écrivain par l'intermédiaire de son éditeur se révèle compliqué.

Pourquoi - comment ce livre ?

Parce que la couverture m'a attirée et qu'il est question d'un romancier.

Les premières pages en 3 minutes

Mon avis à venir...

Ma note : 

Ce livre participe pour 75 kms au Challenge 1000 Bornes Livresque

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