apartheid

  • L'église des pas perdus de Rosamund Haden

    L

    Editions : Le livre de Poche - 2008 - 281 pages - Traduction de Judith Roze

    Résumé

    Quand Catherine King s’aventure dans la nuit pour examiner les ossements humains mystérieusement apparus devant l’église de sa propriété, son amie Maria Dlamini la suit. C’est la fin de l’apartheid. Les deux femmes ont été élevées ensemble,près de soixante-dix ans auparavant, dans cette ferme au nord-est de Johannesburg : le père de Catherine en était le propriétaire et la mère de Maria, la cuisinière noire.

    Très tôt, la vie les a séparées. Maria est restée à la ferme, tandis que Catherine a été contrainte de partir en Angleterre. À son retour, vingt ans plus tard, la ferme a été achetée par un couple, Tom et Isobel Fyncham. Entre Catherine et Tom, c’est le coup de foudre…

    Roman du retour au pays natal, de la trahison et de la réconciliation, L’Église des pas perdus est un livre au suspense impeccablement orchestré, aux descriptions somptueuses,qui dit la complexité des relations entre les êtres sur la terre de l’apartheid.

    Pourquoi - comment ce livre ?

    Livre acheté d'occasion, dans le cadre de la Lecture Commune de Janvier-Février sur Livraddict, dont le thème est l'Afrique du Sud.

    Mon avis 

    Un roman où s'entremêlent deux histoires sur une durée de 70 ans : celle de la famille de Catherine King, celle de l'amitié indéfectible entre Catherine King, blanche, et Maria, noire, à l'époque de l'apartheid.

    En fait, de l'apartheid il n'est que peu question, si ce n'est dans les conversations entre la mère d'Hendrick et ses amies, et quelques allusions, à l'arrivée à l'hôpital par exemple, où Maria n'a pas le droit d'entrer.

    Le sujet "fort" est réellement l'amitié entre ces deux petites filles, qui la scellent par un pacte de sang, qui sont ensuite séparées pendant une vingtaine d'années. Elles se retrouvent, devenues femmes, avec les quelques déconvenues inévitables après une si longue séparation, mais leur complicité est encore là, surtout du côté de Maria. Katie, elle,  peut être assez  égocentrique à ses heures !

    L'autre sujet de ce roman est la trahison, l'abandon, à travers le personnage du père de Katie, notamment, qui va chambouler la vie de la famille, poussant la mère de Katie à retourner en Angleterre avec ses deux filles.

    On ne peut pas dire que les personnages, principaux comme secondaires, soient vraiment attachants. L'église des indigènes avec son toit de tôle, ainsi que la rivière, sont  le fil rouge du roman.

    Quant à l'atmosphère, elle est souvent lourde, un peu poisseuse, comme si on s'attendait à tout moment à ce qu'il se joue un drame en se demandant d'où il partirait : du problème blancs/noirs, du triangle amoureux, des deux amies.... mais je ne peux en dire plus sans dévoiler la fin... 

    Un roman, parfois un peu confus dans ses allers-retours entre passé et présent, avec l'évocation des fantômes des fillettes,  que j'ai donc lu sans déplaisir, mais sans non plus l'élan d'un réel bonheur de lecture. Je me demande ce qu'il m'en restera dans quelques temps....Incertain

  • Une chanson pour Ada de Barbara MUTCH

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    Editions Les Presses de la Cité - 2013 - 411 pages - Traduction de Françoise du Sorbier

    Résumé

    Dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, le destin remarquable de deux femmes unies par une amitié défiant toutes les barrières culturelles, générationnelles et raciales.

    Ada naît dans les années 1930 à Cradock House, demeure de la famille Harrington. Fille illégitime de la domestique noire, elle grandit aux côtés des deux enfants du couple. Elle ne va pas à l'école, mais Cathleen Harrington, la maîtresse de maison, lui apprend à lire. Remarquant son intérêt pour la musique, cette dernière entreprend de lui enseigner le piano, en dépit des réserves de son entourage.
    Ada a beau s'avérer une élève assidue et une pianiste très douée, ses perspectives d'avenir semblent cependant bien limitées dans un pays où la situation entre Blancs et Noirs se durcit de plus en plus. L'année de ses dix-huit ans, alors que la politique de l'apartheid est mise en place sur l'ensemble du territoire, Ada est violée par Mr Harrington. Enceinte, elle se réfugie chez sa tante, dans un township. Son talent pour la musique et l'amitié qu'elle partage avec Mrs Harrington vont se révéler ses meilleurs alliés dans un monde où, mère d'une enfant métisse, elle n'a nulle part sa place.

    Mon avis 

    Il y a longtemps qu'un livre ne m'avait autant émue. J'ai aimé de bout en bout cette histoire d'amitié plus forte que toutes les luttes raciales et politiques entre Ada et Mrs Harrington. Au-delà des discours, des turpitudes, des déceptions, ces deux femmes sont restées unies envers et contre tout. La musique fut un des premiers ponts entre elles deux et restera un lien indéfectible. 

    Malgré mon admiration sans bornes pour Nelson Mandela, je n'avais jamais rien lu sur cette période détestable de l'Afrique du Sud. Sans être un documentaire, l'auteur nous livre là un morceau d'Histoire, sans jugement, sans parti pris, sans lourdeur, juste au travers du récit.

    C'est Ada qui nous raconte son histoire avec pudeur et une force qu'elle s'est construite tout au long de sa vie, une force qui l'aide à surmonter les vicissitudes et à avancer vers l'Avenir, un mot qu'elle a découvert enfant et auquel elle veut donner un sens. Le style est magnifique, la palette de personnages éblouissante et l'émotion jamais loin. 

    Ah quel plaisir ! Bien difficile de passer à autre chose après une telle lecture...

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