Articles de alliancecoaching17
Mes achats de la semaine
Un petit tour à La Rochelle et je reviens avec de quoi augmenter ma PAL
* Il était fait pour moi de Rebecca Serle
que je viens de commencer
* Sensorium d'Abha Dawesar 
* Lady Susan de Jane Austen 
TAG proposé par Livres-and-Cie
Habituellement, je n'aime pas trop ça, mais les questions proposées par le TAG de Livres-and-Cie m'ont plu, alors je me lance :
La scène des souvenirs de Kate Morton
Editions Presses de la Cité - 2013 - 572 pages - Traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel
Résumé
2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère âgée. Dans la ferme de son enfance, la comédienne est assaillie par les souvenirs, et plus particulièrement par les images d'un après-midi d'été étouffant, cinquante ans auparavant. Partie se réfugier dans une cabane perchée dans les arbres afin de rêvasser tranquillement, Laurel, alors adolescente, avait vu sa mère poignarder un inconnu. Un événement que personne n'avait évoqué par la suite. Hantée par ce drame resté secret, Laurel décide de plonger dans le passé de sa famille. Elle trouve dans le grenier une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale qui lui révèle l'existence d'une certaine Vivien…
Mon avis
Dans ce roman, l'époque phare est celle du Blitz à Londres (nous sommes du reste précisément aujourd'hui 9 mai à l'anniversaire de l'avant-dernier raid : Londres le 10 mai), période sombre, difficile pour les habitants avec ces bombardements stratégiques ciblés, programmés pour détruire au maximum, avec un bilan de plus de 14 500 civils tués et 20 000 blessés. En 2011, Laurel, la fille ainée, enquête sur le passé de sa mère qui est alors mourante. Le point de départ du livre est un évènement de 1961.
Comme c'est le troisième roman de Kate Morton que je lis après "Les Brumes de Riverton" et "Le Jardin des Secrets", j'y ai retrouvé les procédés narratifs déjà utilisés par Kate Morton : extraits de journaux intimes, histoire dans l'histoire, allers-retours entre les époques...et aussi l'attrait de l'auteur pour déterrer les secrets de famille, fussent-ils enfouis sous de nombreuses couches de non-dits, d'évitements, de couvercles mis sur un chaudron par trop bouillonnant. Mais voilà, à un moment ou à un autre, les bulles s'échappent et quand elles éclatent, elles peuvent blesser.
Avec un art consommé du détour et du ralentissement, Kate Morton fait languir (un peu trop ?) le lecteur pendant 546 pages avant de lâcher l'info qui éclaire tout. J'ai un peu regretté qu'à la fin, on parle beaucoup de la découverte de la vérité et que les derniers jours de Dorothy dans sa maison, entourée de ses enfants soient moins développés ; ça aurait bouclé sur l'enfance de cette fratrie. Autre "fil" non abouti : la stérilité de Vivien.....(je ne peux pas en dire plus pour ne rien dévoiler). Cela dit, on ne s'ennuie (presque) pas car c'est très documenté. Les personnages principaux sont bien vus et on a plaisir à les suivre dans leurs vies, les secondaires restant un peu en lisière.
Je vous recommande cette lecture, qui procure à coup sûr intérêt, dépaysement et évasion.
Belle journée !
Aujourd'hui nous étions 5 enfants sur 7 réunis autour de maman pour repenser à notre petit papa parti vers des contrées meilleures (parait-il !) il y a tout juste 10 ans. Une messe, un arrêt au colombarium et un beau repas dans un joli restaurant(*) de l'Ile de Ré, où le personnel est super-gentil et les plats tous plus délicieux les uns que les autres.
Emotion, mais aussi tendresse, bonheur du présent et regards tournés vers demain !
(*) La Terrasse à La Couarde

Cette photo de La Terrasse est fournie gracieusement par TripAdvisor
Ce qui nous lie de Samantha Bailly
Editions Bragelonne Milady - 2013 - 282 pages
Résumé
" J'ai longtemps voulu être unique. Mais qu'y a-t-il de plus rassurant que le semblable ? »
Alice a un don. Elle a la capacité de voir les liens entre les individus. Les attaches lui apparaissent sous forme de fils lumineux, qui tissent une cartographie des relations affectives. Impossible d'expliquer l'origine de ce phénomène. Manifestation surnaturelle ? Hallucination ? La jeune femme a appris à vivre avec dans le plus grand secret. C'est alors qu'elle rencontre Raphaël, son nouveau manager. La voilà qui s'éprend du seul homme dont elle ne peut voir les liens..
Mon avis
Quelques heures de très bonne lecture.
Des personnages que j'ai beaucoup aimés, notamment Alice, courageuse, bat
tante et qui veut avancer -l'authentique Sébastien, Jonathan l'ami d'enfance
qui aide à grandir et la fidèle Shanim.
De belles réflexions sur la vie témoignent d'une réelle maturité malgré le
jeune âge de l'auteur. Une idée originale avec les fils lumineux d'Alice et
les mots intuitifs de Raphaël.
Un style résolument moderne et vif avec l'insertion de conversations
instantanées et de SMS.
Une belle réussite ! pour un roman que je vous recommande vivement. 
Queen Betsy - T1 - Vampire et célibatairede Mary Janice DAVIDSON
Editions Milady - 2011 - 384 pages - Traduction de Cecile Tasson
Résumé
À son réveil à la morgue, Betsy Taylor découvre qu'elle est un vampire. Même si sa nouvelle condition possède de
nombreux avantages, elle a bien du mal à s'habituer à son régime à base de liquide. Et même si sa mère est ravie
d'apprendre que la mort ne lui empêchera pas de lui rendre visite, ses nouveaux amis nocturnes, eux, ont la
conviction ridicule qu'elle est la reine annoncée par la prophétie…
Mon avis
Je me demande si on peut parler de littérature avec ce roman....
C'est mal écrit, dans un langage proche du vulgaire, et même si le synopsis était alléchant, aucune des promesses n'est tenue. Daniel Pennac dit, dans ses droits du lecteur, qu'on peut laisser tomber un livre qui ne nous convient pas, mais j'ai souhaité aller jusqu'au bout pour voir ce qui avait créé un tel engouement chez les lectrices, et bien,.... je n'ai pas trouvé !!! sauf à penser qu'elles ont retrouvé un langage et un niveau similaires aux leurs, mais je me le suis interdit !!
Aussitôt lu, aussitôt revendu 
Il ne fallait pas faire pleurer le loup de Gilles Milo-Vaceri
Editions du Bord du Lot - 2013 -
Résumé
Quand Lorenza Beaumont, reporter de guerre, rencontre Gregory Nashoba, homme d'affaires et expert mondial en canis lupus, elle ne se doute pas que sa vie va basculer. peu après, un attentat à la bombe décime la famille de Greg qui est grièvement blessé. Quand il sort de l'hôpital, il n'a qu'une obsession: retrouver les commanditaires.La journaliste restera à ses côtés et, de Paris en Afghanistan, en Ethiopie comme aux Etats-Unis, ils vont traquer les meurtriers, aidés par leur ami Pierre, haut fonctionnaire de police, mais poursuivis par un magistrat de la cellule anti-terroriste, borné, à l'ambition dévorante. Entre trafic d'armes et de stupéfiants, mettant leurs vies en jeu face à de tueurs avides et sanguinaires, ils vont affronter le pire de l'âme humaine.Lorenza découvre la personnalité fascinante de Greg, dernier descendant d'une famille amérindienne, au coeur d'une mystérieuse légende. Mais à quoi pouvait-on s'attendre d'un homme qui comprend et parle aux loups ? Les assassins n'auraient jamais dû s'en prendre à sa famille car ils ignoraient la Vérité. Ils ont réveillé le Gardien de la Terre des Loups, un fauve qui ne connaît ni pitié ni pardon. Non, ils n'auraient jamais dû et maintenant, le monde ne sera pas assez grand pour les cacher. Il va falloir payer...
Citation
"C'est la première fois qu'elle approche un loup et une meute toute entière de si près. C'est tout bonnement fantastique. Elle est transportée dans un autre monde, un monde où la nature serait reine. Marcher avec les loups pour escorte et cet homme tout simple mais aussi mystérieux que ces animaux sauvages, quel bonheur."
Mon avis
J'ai découvert ce livre aux Editions du Bord du Lot. Aussitôt reçu, aussitôt commencé, car fascinée depuis longtemps par les loups et les civilisations amérindiennes.
L'écriture est vive, rythmée, très agréable à lire. Dès les premières lignes, on est capté et on tourne les pages sans même penser à résister. Les chapitres sont courts, repérés dans le temps et dans l'espace (Suisse, Paris, Afrique, Afghanistan, Etats-Unis). Le roman est écrit au présent, ce qui donne du rythme à cette histoire qui se déroule sur trois mois.
L'intrigue est bien menée avec de nombreux rebondissements. Les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres (mention spéciale pour Greg, Aya et Alpha). Les scènes sont très visuelles.
Alors, certes, l'abondance d'argent mise en avant, fait que l'hélico est toujours là au bon endroit et que le Hummer apparaît au moment opportun, mais cela n'enlève (presque) rien à la magie de l'histoire.
J'ai beaucoup aimé l'évocation des croyances amérindiennes et le lien avec la Mère Nature, l'idée du Gardien de la Terre des Loups. Toutes ces légendes (mais en sont-elles ?) rappellent combien nous devons aimer la nature et la préserver, combien certaines peuplades expriment une sagesse que nous ferions bien d'écouter.
A lire absolument, pour un pur moment de plaisir ! Mon premier coup de coeur de 2013
Erenn - T1 L'éveil d'Emily Musso
Résumé
Désenchantée et peu confiante en l'être humain, Charline se réfugie dans les livres et la musique. Échapper à une existence sans saveur, tel est le but à atteindre.
Quand elle rencontre Adrian, machiavélique, énigmatique et séduisant, c'est tout son univers qui bascule. Qui est-il ?
Osera-t-elle braver ses principes pour percer les mystères qui l'entourent ?
C'est en Irlande, qu'elle le rejoindra.L'Île d'Émeraude, terre de légendes et de magie...
Mon avis
Dès qu'il est question d'Irlande, je dresse l'oreille. Avide de tout ce qui touche à la tradition celtique que ce soit la musique, les gens, les légendes, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman dont les Editions Rebelle avaient parlé sur un certain réseau social.
Charline nous raconte son histoire, depuis son départ de l'Isère après un évènement plutôt traumatisant jusqu'à sa découverte de l'Irlande, en passant par son installation à Paris.
Jeune fille fragilisée par l'agression qu'elle a subie, elle se réfugie dans un univers gothique, morbide, rock et métal. Pas vraiment de vie sociale, mais une vraie amie Sélène. Elle fait des rêves où elle entend parler en gaélique. Sa rencontre avec Adrian, attirant, mystérieux mais aussi déroutant, va la conduire en Irlande où il vit.
De nombreuses péripéties vont alors jalonner sa découverte de l'Ile d'Emeraude, inconnue d'elle auparavant, mais où elle se sent étrangement bien, tandis qu'elle tente de saisir qui est réellement le troublant Adrian qui souffle le froid et le chaud sur leur relation. Un parcours initiatique qui la conduira à de surprenantes découvertes, y compris sur sa propre famille.
C'est bien écrit, ça se lit vite, on a l'impression de voir les paysages en même temps que Charline et j'ai tourné les pages, impatiente d'en savoir plus sur le coquillage de lumière, sur Adrian et son inquiétante famille, sur Charline elle-même dont on sent bien qu'elle n'est pas là par hasard. Les personnages ne sont pas très attachants (notamment la soumission de Charline devant Adrian m'a un peu agacée !!) mais l'histoire nous emporte.
J'ai donc passé un bon moment de lecture et envisage de lire le prochain tome.
49 jours de Fabrice Colin
Résumé
"Je m'appelle Floryan ; j'ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s'étendait à perte de vue. Un être de lumière m'a accueilli, se présentant comme un >. Il m'a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume - un paradis, selon lui, mais que je n'étais pas autorisé à voir avant de m'y rendre -, soit je plongeais dans le NIhil, un gouffre gigantesque menant vers... Vers quoi ? C'est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j'ignore tout du Royaume, et j'ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c'est que ce choix n'engage pas que moi..."
Mon avis
Fabrice COLIN a l'art et la manière de balader son lecteur ! Il nous livre là un nouvel échantillon de sa plume vive et fluide.
Il nous fait mourir le jeune Floryan à 17 ans lors d'un attentat dans le métro. On aurait presque été contents, tellement ce jeune était agaçant, imbu de lui-même et inconsistant ; oui mais c'est le héros tout de même !!!! Alors, quand il arrive dans l'Intermonde, un ange lui donne 49 jours pour choisir entre le Royaume et le Nihil.
Et c'est là, chers amis lecteurs, que tout va déraper. Rien n'est ce qu'il paraît, tout est biaisé, personne n'est authentique et Floryan va avoir bien du mal à démêler le vrai du faux. Et puis, quand on va lui donner l'occasion de voyager dans le temps, il va se risquer dans le futur alors qu'on le lui avait interdit ! Il va y rencontrer Rain.... (entre nous, ce n'est pas un perrsonnage bien consistant, malgré ce qu'en pense Floryan !)
Tout le talent de Fabrice Colin est de nous faire croire, au début du roman, qu'il va parler du parcours "initiatique" d'un adolescent dans l'au-delà (ce qui nous faisait déjà soupirer d'ennui), alors qu'en fait, il nous emmène dans une dystopie post-apocalyptique du meilleur cru.
Jusqu'à la dernière ligne de l'épilogue qui nous scotche et que l'on n'a pas vu venir !!!!
Un excellent moment de lecture, donc, pour un roman que je vous recommande vivement.
NB : Il y aura un 2è tome pour cette série intitulée : "La Dernière Guerre"
Petite Poucette de Michel Serres
Résumé
Le monde a tellement changé que les jeunes se doivent de tout réinventer ! Pour Michel Serres, un nouvel humain est né, il le baptise " Petite Poucette ", notamment pour sa capacité à envoyer des messages avec son pouce. Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, - le passage aux nouvelles technologies - tout aussi majeure, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises. Devant ces métamorphoses, suspendons notre jugement. Ni progrès, ni catastrophe, ni bien ni mal, c'est la réalité et il faut faire avec.Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... mais il faut lui faire confiance !
Mon avis
Très beau petit essai, érudit et plein de bon sens. J'aime vraiment l'écriture de Michel Serres, dont on sens le profond humanisme derrière chaque réflexion. Lorsque je le lis, je ne peux m'empêcher de visualiser son bon visage, empreint de bonté et de sagesse.
Dans Petite Poucette il nous fait prendre conscience de a troisième grande évolution (voire révolution) pour nos sociétés occidentales, celle des nouvelles technologies qu'on ne peut ignorer et dont on ne doit pas avoir peur. C'est ainsi ! Il nous appartient de nous y adapter au risque si nous ne le faisions pas de vivre en dehors de la société et d'être largués. Et de nous y adapter en faisant confiance à ce nouvel être advenu avec elles : Petite Poucette.
C'est bien vu, ça fait réfléchir, ça fait avancer....
Les lumières de Haven de Pauline Bock
Résumé
Cinq lycéens sont projetés dans l'univers merveilleux de Haven. Une Terre parallèle, volontairement bloquée au XVIIIe siècle. Le dirigeant Old Black, inspiré par la philosophie des Lumières, règne en despote éclairé sur ce havre de paix...
Mais un personnage mystérieux ébranle cet édifice en révélant un secret millénaire. La révolte gronde...
Mon avis
Un monde parallèle très construit mêlant anges et créatures à nos cinq jeunes héros. Haven semble être un lieu idéal mais l'irruption des Arrivants va montrer les lézardes qui le parcourent. Le chaos n'est jamais très loin.
On suit les aventures des personnages avec plaisir, mais mon préféré restera Fenn, petit garçon déjà plein de sagesse.
L'auteur a un style que j'ai beaucoup aimé : écriture soignée, rythme fluide où dialogues et texte se mêlent harmonieusement.
Une belle jeune plume à suivre !!
Entretien avec l'auteur (tiré du site Elbakin.net)
Pourriez-vous nous dire qui est Pauline Bock ?
Bonjour ! J'ai vingt ans et je suis étudiante à Sciences Po Paris, expatriée à Londres pour mon année à l'étranger, où j'étudie le journalisme à City University. J'espère pouvoir par la suite continuer une formation journalistique, sanscesser d'écrire de la fiction en parallèle. Et même peut-être revenir vivre à Londres, parce que c'est une ville incroyable où je me sens déjà chez moi !
Que répondez-vous lorsque l'on vous demande de présenter Les Lumières de Haven ?
« C'est un roman d'aventure avec du fantastique dedans », suivi de « C'est l'histoire d'un bras de fer entre la paix et la vérité et d'une société utopique qui s'écroule par la faute d'un seul homme. »
Mais ça dépend beaucoup de la personne à qui j'en parle. Pour certains, c'est l'aspect fantasy qui prime, pour d'autres l'idée de l'utopie. J'aime pouvoir proposer plusieurs « pitchs » qui se complètent.
Pour votre premier roman, vous avez choisi de vous éloigner des sentiers battus. Pourquoi avoir choisi de bâtir une utopie basée sur le principe du Despote éclairé ?
En fait, la notion de despote éclairé décrite chez Voltaire est arrivée très tard. Elle était sous-jacente dès le départ, mais j'avais surtout accentué le côté « éclairé » de l'Intendant de Haven. Lui coller l'étiquette « despote » me semblait exagéré, car il faisait pour moi partie du « bien »... C'était assez manichéen... Heureusement, au fil de l'écriture, tout s'est complexifié. Sa politique utopique ne pouvait fonctionner que couplée au despotisme voltairien.
Avant la mention claire du « despote éclairé », j'avais déjà choisi de créer pour Haven l'utopie politique dont rêvaient les Lumières, qui peuplaient mes cours de français à l'époque. J'aimais l'idée qu'un autre monde parvienne à importer les valeurs humanistes terriennes et à les mettre en application. Et les Lumières, c'est le XVIIIe siècle : une période dont l'Histoire, les découvertes, la société et ses costumes charrient une mythologie qui me fascine. Je trouvais original de placer un récit de fantasy au milieu des jabots et talons rouges dignes de Louis XIV, là où le fantastique puise d'habitude dans l'imaginaire du Moyen-Âge.
Imaginez-vous (et espérez-vous) que le système politique de Haven - et ses secrets - puissent susciter une réflexion philosophique chez vous lecteurs ? Qu'ils puissent construire un parallèle avec notre univers ?
C'est tout à fait possible. J'ai voulu encourager plusieurs niveaux de lecture et plusieurs angles de réflexion. Au lycée, pendant l'écriture, j'étudiais les Lumières mais aussi Les Misérables ou Dom Juan, des œuvres qui se reflètent dans Haven. J'espère que cela poussera certains lecteurs à les relire, j'ai moi-même parfois été attirée par des classiques après avoir vu leur adaptation ou leur écho dans une autre fiction.
Haven fait constamment référence à notre monde : son histoire, son évolution technique, notamment au Musée des Arrivants qui est un de mes passages préférés. Chaque lecteur peut y construire un parallèle avec « sa » Terre à lui, puisque à Haven tous les Arrivants et leur passé se doivent d'être recueillis et archivés.
Je comprends tout à fait qu'on puisse lire le roman sans y chercher une réflexion philosophique. C'est avant tout un récit d'aventures. Mais j'espère que les différentes questions qui s'y posent (le parallèle terrien, l'utopie déchue, la paix contre la vérité...) encourageront les lecteurs à réfléchir une fois le livre refermé.
Vous avez choisi d'évoquer les Anges. Que représentent-ils pour vous ?
Les Anges de Haven ne sont pas du tout des anges dans le sens biblique du terme, et les religions sont autorisées mais très peu présentes à Haven. Je n'ai pas pour but de mettre en scène les anges du paradis, même si j'ai joué sur ce double sens : en effet « haven » (qui signifie « refuge » en anglais) ressemble beaucoup à « heaven » (« paradis ») et j'aimais le jeu de mots.
Les créatures de Haven ont été nommées « Anges » par les premiers Arrivants car elles représentaient une pureté semblable à celle du paradis. C'était le côté mythologique qui m'intéressait : ce n'était qu'une race évoluée d'oiseaux, jusqu'à ce que les hommes arrivent et ne les proclament « Anges ».
La symbolique de l'ange déchu rappelait celle de l'utopie en ruine, cela ne faisait qu'un. C'était aussi un choix d'esthétique : l'une des premières scènes que j'ai imaginée était celle de l'Ange dans sa cage. Cela résumait beaucoup de choses.
Vous faites également référence à l'Antiquité, notamment à travers les harpies et les chimères. Quel est votre lien avec l'Antiquité ? Pensez-vous qu'elle est source de tout imaginaire ?
Elle est source de beaucoup de récits fantastiques. J'admire la diversité des créatures mythologiques : quelle que soit la créature originale que l'on invente, la mythologie antique en est la base.
Plus généralement, l'Antiquité est une source incroyable de découvertes et fascine bien des scientifiques. Les passions croisées du paria Equinoxe pour les sciences et la mythologie me laissait le champ libre pour créer toutes sortes de monstres sans une once de « magie », ce qui était à la fois original et motivant !
Vous avez écrit sur l'exil avant de vous exiler vous-même. Est-ce qu'à présent vous écririez l'exil de la même façon ?
L'exil n'était pas mon principal sujet dans Haven, et même si le sentiment d'exil traverse le récit de bout en bout, je devais me concentrer sur l'action. Je crois qu'il y a beaucoup plus à en dire que ce que j'ai pu, en quelques références à la Terre, faire passer par les Arrivants. Si j'écrivais à nouveau sur l'exil, ce serait sans doute d'un point de vue interne, plus psychologique et développé. Et ce serait plus personnel, forcément.
Envisagez-vous votre âge comme un avantage ou comme un obstacle pour convaincre les lecteurs?
C'est un peu des deux... A vingt ans, on peut considérer que je n'ai pas l'expérience ou le recul nécessaire pour écrire certaines choses, par exemple pour rendre crédible des personnages plus âgés, ou décrire des situations que je n'ai pas encore vécues. Mais j'ai construit le monde de Haven avec les idées et les rêves qui étaient ceux d'une lycéenne, avant d'en complexifier les enjeux au fil de l'écriture et en grandissant. Je crois que c'est la force du texte de pouvoir se positionner quelque part entre les adolescents et les adultes. Mon âge étant entre les deux, je peux faire « pivot » en quelque sorte, et mon style avec.
Pensez-vous explorer plus avant l'univers de Haven ?
Pendant l'écriture, je me suis promis de ne pas faire de Haven une série. J'étais lassée des tomes multiples qui, souvent, rallongent inutilement l'intrigue. Si la fin du roman est ouverte, elle l'est pour l'imagination et la réflexion des lecteurs, car je ne considère aucune suite possible à un tel dénouement.
En revanche, je ne suis pas contre l'idée d'explorer les origines des personnages natifs de Haven, comme Fenn ou Old Jack. Mais c'est loin d'être décidé... Je doute fortement de l'intérêt réel d'un tel projet.
Quels sont vos projets littéraires ?
Je participe actuellement au magazine en ligne « Le Petit Pâté Illustré », qui rassemble des jeunes auteurs et illustrateurs (d'ailleurs, ils recrutent !), pour lequel je fournis des nouvelles et des brèves illustrées, très courtes. Le journalisme risque de m'accaparer dans les prochains temps, mais je pense de plus en plus à un autre texte de fiction. J'aimerais écrire sur Londres et ses légendes, ou sur le voyage, ou encore sur le passage à l'âge adulte... J'attends l'idée précise qui saura me convaincre de me lancer.
Certains aiment lire en musique. Quelle "bande originale" suggéreriez-vous pour Haven ?
C'est drôle, parce qu'à l'époque de l'écriture, j'avais moi-même créé un CD de « bande-originale » pour m'aider à écrire, en rassemblant des musiques de films qui correspondaient aux scènes importantes. Des films d'aventure surtout : ça allait de Pirates des Caraïbes à Narnia, en passant par The Dark Knight... Mais s'il ne fallait en citer que deux, ce serait la déchirante The Call, de Regina Spektor, qui fait écho aux adieux répétés des adolescents et à leur perte de repères, et Tears in Heaven (encore ce jeu de mots) d'Eric Clapton, qui est d'ailleurs citée dans le roman !
Très récemment, une amie m'a confié qu'elle se figurait le « chant des Anges » comme la chanson Run boy run, de Woodkid. Cela colle effectivement très bien, et j'espère que d'autres lecteurs se feront leur propre bande-originale !
Y-a-t-il une question que vous espérez en interview et que personne n'a encore posée ? Si oui, laquelle ?
Personne ne se demande comment les héros se sont connus ! (car ils habitent dans plusieurs endroits de France avant d'arriver à Haven) Des lecteurs ont trouvé leurs propres explications, mais le récit reste assez vague là-dessus, et c'est délibéré. Ce qui comptait, c'était leur amitié à distance, peu importait son origine.
Propos recueillis par Cyrielle Lebourg-Thieullent qu je remercie.
Le journal de Philol de Yaël Hassan
Résumé
Pour son quinzième anniversaire, Philomène, dite Philol, reçoit en cadeau de sa mère un journal intime.
Trop ringard ? Pas tant que ça, finalement. Raconter sa vie et celle des autres, c'est un régal, surtout quand les événements se bousculent au lycée et à la maison.
Et puis Philol tombe folle amoureuse de Nathan, le roots de la classe, le beau gosse que convoite cette punaise d'Aurélie, une fille capable des pires horreurs. Comme si ça ne suffisait pas, voilà que Morgane, vilain petit canard du lycée, fait une TS (tentative de suicide), suite au message baveux d'un mystérieux corbeau, qui distille sa haine sur Internet.
Mon avis
C'est un très bon roman pour ados. Beaucoup de thèmes qui les préoccupent sont abordés : Internet et son usage, les fêtes, les peines de coeur et les joies, le lycée... au travers du journal que Philol se plait à compléter tout au long de sa 15è année.
L'écriture est bien adaptée au public ciblé et l'on suit avec plaisir Philol, sa famille et sa bande d'amis.
Ce livre va rejoindre le CDI de mon collège dès la rentrée !






