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féminisme

Dans Lecture

Les vies multiples d'Amory Clay de William Boyd

Par Le 02/02/2016

Editions du Seuil - Date de sortie : 8 octobre 2015 - ISBN 9782021 244274 - 517 pages - Traduction d'Isabelle Perrin

4è de couv'

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la très jeune Amory Clay se voit offrir par son oncle Greville un appareil photo et quelques conseils rudimentaires pour s’en servir. Elle ignore alors que c’est le déclencheur d’une passion qui façonnera irrévocablement sa vie future.

Un bref apprentissage dans un studio et des portraits de la bonne société laissent Amory sur sa faim. Sa quête de vie, d’amour et d’expression artistique l’emporte bientôt dans un parcours audacieux et trépidant, du Berlin interlope des années vingt au New York des années trente, de Londres secoué par les émeutes des Chemises noires à la France occupée et au théâtre des opérations militaires, où elle devient l’une des premières femmes photoreporters de guerre.

Sa soif d’expériences entraîne Amory vers d’autres conflits, des amants, un mari, des enfants, tandis qu’elle continue à poursuivre ses rêves, à combattre ses démons.

Mon avis

On entre dans le vif du sujet dès les premières pages, avec l'appareil photo offert à Amory par son oncle Greville. Reste en grandissant, à trouver les sujets et les employeurs ! Amory Clay, narratrice de son histoire, va faire de nombreuses erreurs, selon son propre aveu. Mais elle sait rebondir aussi grâce aux nombreux contacts qu'elle tisse.  Une chose est sûre, ce n'est pas côté famille, qu'elle trouve de l'aide : entre son père qui a tenté de la tuer, sa mère, froide et lointaine, sa soeur pianiste hyper douée et son frère, enfant bizarre et solitaire, elle détonne et va très jeune se débrouiller seule.

Le texte est tantôt récit, tantôt journal personnel, au passé ou au présent. C'est vivant, il y a du rythme. Quelques photos illustrent les étapes de la vie d'Amory à laquelle je me suis bien attachée, la voyant évoluer d'expérience en expérience. J'ai aimé son indépendance, son intrépidité et son courage.

C'est une magnifique biographie (fictive !) joliment écrite par un William Boyd que je redécouvre avec grand bonheur. 

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Ma note 18

Citations

*J'ai regardé le jour se parer de nuit, j'ai vu évoluer les sublimes dégradés du soleil en son déclin, l'orangé sanguin virant imperceptiblement au bleu glacier sur le tranchant de l'horizon. (p. 21)

*Une brise capricieuse enchâssait des petits pans de bleu entre les gros nuages brillants, banc-gris, ardoise... un ciel marbré, bigarré. (p. 46)

*Ne laisse pas ta vie t'échapper en regrettant ce qui aurait pu être. Vis ta vie, vis pour ce que tu veux vraiment. (p. 73)

 

 

Dans Lecture

Marguerite Durand, La Fronde féministe ou Le Temps en jupons de Jean Rabaut

Par Le 18/09/2014

Marguerite Durand (1864-1936): 'La Fronde' féministe, ou, 'Le Temps' en jupons par Rabaut

Editions de l'Harmattan - Date de sortie : 3 mai 2000 - ISBN 9782-738443380 - 138 pages

Résumé

Qui était Marguerite Durand ? 1864-1936
Une militante passionnée par la cause des femmes, créatrice de syndicats, active dans les congrès internationaux. 
Egérie des boulangistes, puis dreyfusarde déterminée, entourée de politiques, d'hommes et de femmes de lettres, de banquiers.
Femme libre dans ses amours gardées secrètes, elle s'engagea aux côtés des ouvrières maltraitées. Elle a créé et dirigé La Fronde, quotidien géré, rédigé, composé uniquement par des femmes. Mais aussi la Bibliothèque féministe près du Panthéon. 
Portrait d'une personnalité hors du commun.

Pourquoi - comment ce livre ?

Pour continuer à documenter mon prochain roman, qui parlera de féminisme à la Belle Epoque.

Les premières pages en 3 minutes   

Mon avis

Un documentaire intéressant, déroulant la vie de l'infatigable journaliste, qui écrivait peu mais qui organisait beaucoup - son journal La Fronde, la vie des femmes,  qui défendait généreusement les ouvrières, quand dans le même temps elle-même vivait en dépensant largement, s'offrant caprices et futilités, mais "morte avec si peu d'argent qu'il faudra se cotiser pour lui donner une pierre tombale," car elle mettait aussi son argent au service de sa cause.

Un personnage haut en couleurs, tant dans les hautes sphères, nationale et internationale, elle, également décrite comme blonde "délicate et diaphane", était intelligente, cultivée, mesurée. De ces contradictions ressort, non une passionaria, mais une figure attachante de la défense du féminisme dans le premier tiers du XXè siècle.

Ce livre, organisé en 8 chapitres chronologiques, se lit très facilement et je vous le recommande.