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saga familiale

  • La scène des souvenirs de Kate Morton

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    Editions Presses de la Cité - 2013 - 572 pages - Traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel

    Résumé

    2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère âgée. Dans la ferme de son enfance, la comédienne est assaillie par les souvenirs, et plus particulièrement par les images d'un après-midi d'été étouffant, cinquante ans auparavant. Partie se réfugier dans une cabane perchée dans les arbres afin de rêvasser tranquillement, Laurel, alors adolescente, avait vu sa mère poignarder un inconnu. Un événement que personne n'avait évoqué par la suite. Hantée par ce drame resté secret, Laurel décide de plonger dans le passé de sa famille. Elle trouve dans le grenier une photographie datant de la Seconde Guerre mondiale qui lui révèle l'existence d'une certaine Vivien…


    Mon avis

    Dans ce roman, l'époque phare est celle du Blitz à Londres (nous sommes du reste précisément aujourd'hui 9 mai à l'anniversaire de l'avant-dernier raid : Londres le 10 mai), période sombre, difficile pour les habitants avec ces bombardements stratégiques ciblés, programmés pour détruire au maximum, avec un bilan de plus de 14 500 civils tués et 20 000 blessés. En 2011, Laurel, la fille ainée, enquête sur le passé de sa mère qui est alors mourante. Le point de départ du livre est un évènement de 1961. 

    Comme c'est le troisième roman de Kate Morton que je lis après "Les Brumes de Riverton" et "Le Jardin des Secrets", j'y ai retrouvé les procédés narratifs déjà utilisés par Kate Morton : extraits de journaux intimes, histoire dans l'histoire, allers-retours entre les époques...et aussi l'attrait de l'auteur pour déterrer les secrets de famille, fussent-ils enfouis sous de nombreuses couches de non-dits, d'évitements, de couvercles mis sur un chaudron par trop bouillonnant. Mais voilà, à un moment ou à un autre, les bulles s'échappent et quand elles éclatent, elles peuvent blesser.

    Avec un art consommé du détour et du ralentissement, Kate Morton fait languir (un peu trop ?) le lecteur pendant 546 pages avant de lâcher l'info qui éclaire tout.  J'ai un peu regretté  qu'à la fin, on parle beaucoup de la découverte de la vérité et que les derniers jours de Dorothy dans sa maison, entourée de ses enfants soient moins développés ; ça aurait bouclé sur l'enfance de cette fratrie. Autre "fil" non abouti : la stérilité de Vivien.....(je   ne peux pas en dire plus pour ne rien dévoiler). Cela dit, on ne s'ennuie (presque) pas car c'est très documenté. Les personnages principaux sont bien vus et on a plaisir à les suivre dans leurs vies, les secondaires restant un peu en lisière.

    Je vous recommande cette lecture, qui procure à coup sûr intérêt, dépaysement et évasion.

  • Le château des Oliviers, 20 ans après de Frédérique Hébrard

    le-chateau-des-oliviers-20-ans-apres.jpgEditions Flammarion - 2013 - 539 pages 

    Résumé 

    Vous pensiez que tout était réglé au Château des Oliviers ? Détrompez-vous. Enfouis dans l'ombre de l'oubli, de lourds secrets cherchent la lumière, bientôt ils vont tout bouleverser autour d'eux. Pour le moment, Estelle Laborie est heureuse. Dans deux jours, toute la famille se réunit pour fêter les 20 ans de Bianca, l'aînée de ses petits-enfants, et pour assister à l'ouverture au public de la Villa Romaine que les dernières fouilles ont exhumée sur le domaine. Tout s'annonce donc pour le mieux. Mais les Dieux en ont décidé autrement. Confrontée au choc des générations, victime d'ennemis insoupçonnables, Estelle ignore encore qu'elle devra aussi faire face à ses plus anciens fantômes, car il faut d'abord rejoindre le Passé pour comprendre le Présent... 20 ans après son triomphe au petit écran et en librairie, Le Château des Oliviers, la saga culte de Frédérique Hébrard, est de retour, avec une suite inédite des aventures d'Estelle Laborie. Saveur supplémentaire, La Belle Romaine, coécrite avec deux de ses enfants, Catherine Velle, romancière, et François Velle, scénariste, confirme ses liens avec la Provence, sa tradition, ses mystères et ses sortilèges.

    Mon avis

    Quel plaisir de retrouver les personnages que j'avais aimés dans la série télévisée. Alors, certes, à la différence d'autres romans, on n'a pas à donner nous-mêmes un visage aux personnages, puisque nous reste en tête Brigitte Fossey, Georges Corraface... mais c'est un autre plaisir, comme de retrouver des amis que l'on n'a pas vu de longue date. 

    Donc, dans 20 ans après, on suit Bianca,la fille d'Antoine et petite-fille d'Estelle. La vie se poursuit au Château des  Oliviers et la mort a pris en chemin un certain nombre de ses habitants. Les découvertes archéologiques sur le site attisent toujours jalousie, haine et les jeunes de la famille doivent trouver leur voie... la vie, quoi !

    L'écriture est fluide et très agréable à lire. La région toujours décrite avec passion.

    Un bon moment de lecture !

  • Ce que je peux te dire d'elles d'Annie Icart

     Editions Robert Laffont 2013 -  318 pages

    Résumé 

    Un matin, très tôt. Le téléphone sonne. Blanche n'aime pas ça : les coups de fil au petit matin n'annoncent jamais rien de bon. Cette fois, pourtant, c'est une bonne nouvelle : Violette a accouché dans la nuit d'un petit garçon. Blanche est bouleversée : elle ne savait même pas que sa fille était enceinte. Et puis un garçon, le premier au bout de cette lignée de filles, quelle histoire... Dans le train qui la mène de Toulouse vers Paris, le trac au cœur, Blanche relit les carnets de moleskine destinés à Violette où, remontant le temps, elle a essayé de se souvenir de tout, tout ce qu'elle peut lui dire d'elles. Mais Violette l'attend-elle encore au bout de ce chemin à la fois heureux et cabossé ? 
    Portés par une écriture ultrasensible, où sous l'apparente douceur du cocon familial gronde la violence des sentiments, on est entraînés dans l'histoire de Blanche, celle de quatre générations de femmes, des années 1950 à nos jours. De la minuscule bicoque d'un petit village des Pyrénées aux ateliers de la maison Balaguère, haute couture, à Toulouse, Blanche recrée ce petit monde que les accidents de la vie, et certains choix, ont rendu presque exclusivement féminin. 
    Chaleureux et coloré comme une promenade dans la Ville rose (ou comme une collection de Justine...), le roman de cette tribu de femmes émancipées avant l'heure explore avec autant de tendresse que d'acuité toute la complexité des liens maternels.

    Citation 

    " Tous ces petits riens qui rassurent quand l'essentiel vacille, tous ces rituels qui font leur vie depuis si longtemps et qui vont être sacrément bousculés. Son absence et son silence seront pesants, c'est certain."

    Mon avis

    J'ai découvert ce roman dans une émission de Web-TV Culture où l'auteur présentait son livre à Philippe
    C'est écrit dans un style dynamique, nerveux. Souvent des phrases nominales. Insertion des pensées actuelles de la narratrice dans le récit de la vie de toutes les femmes de sa famille. On ne s'ennuie pas car les dialogues viennent rompre les longs paragraphes de narration.
    L'histoire se passe en grande partie à Toulouse, mais il y a aussi la petite maison des Pyrénées. Elle s'étend sur une cinquantaine d'années au fil desquelles Blanche, la narratrice nous présente cette tribu sans hommes, situation subie ou choisie selon les personnages, quatre générations qui cohabitent avec bonheur mais désagréments parfois. Elles sont bien attachantes ces Mémé Anna, Angèle, Justine, Babé et Blanche, opiniâtres, fonceuses. Les personnages secondaires comme Marie-Rose et Valentine sont intéressantes aussi et servent le récit. J'ai eu un peu de mal avec Violette, je dois dire. 
    Le roman insiste sur les dégâts causés par les silences et les non-dits, fussent-ils pour ne pas blesser, pour conserver l'équilibre du clan. Ils laissent néanmoins des blessures indélébiles que chacune va lécher à sa manière pour guérir. Comme dans un théâtre, il y a l'avant-scène, apparemment lisse et joyeuse, avec son petit grain de folie, et les coulisses où traînent les abandons successifs et les blessures profondes de l'identité.
    J'ai oscillé tout au long du récit entre l'envie d'entrer dans ce cercle aimant, animé, de l'appartement rue d'Aubuisson et de l'atelier de couture de Justine, et celle d'obliger les filles à se dire les choses, à être authentiques.
    Il y a aussi tout une époque dépeinte avec l'émancipation de la femme, les libertés qu'elle acquiert et le regard que porte la jeune génération sur ces années.
    J'ai beaucoup aimé ce roman, cet univers féminin et j'ai vraiment passé un très bon moment. Je vous recommande vivement cette lecture.