résilience

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson

Editions Julliard - Date de sortie : 7 janvier 2016 - ISBN 9782260 029205 - 192 pages

4è de couv'

« On ne renonce jamais vraiment, on a besoin de croire que tout n'est pas perdu, on se rattache à un fil, même le plus ténu, même le plus fragile. On se répète que l'autre va finir par revenir. On l'attend. On se déteste d'attendre mais c'est moins pénible que l'abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu'un qui ne reviendra probablement pas. »
Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis.
Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture.
Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler.
Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ?
Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

Mon avis 

Je n'ai pas résisté à acheter la nouvelle production de l'auteur, tellement j'ai aimé De là, on voit la mer, lu en début de semaine.

L'auteur nous propose un court roman sur la solitude, qu'elle soit consécutive à un deuil ou à une rupture. Hélène et Mathieu vont réunir leur solitude pour évoquer leurs absents. Il y a beaucoup de pudeur, de sensibilité, de justesse dans les propos de ces personnages, qui s'écoutent et se font confiance.

L'atmosphère chaude de Lisbonne ajoute à l'ambiance pesante mais cependant enveloppante. J'ai retrouvé le style de l'auteur, avec les commentaires et les remarques du narrateur omniscient à la suite des mots prononcés par les protagonistes. Ce qui est sûr, c'est qu'il réussit de beaux portraits psychologiques, qui sonnent juste étant donné les circonstances de leur rencontre. Une écriture efficace.

Un bon moment de lecture.

Ma note 16

Citation

"En aimer un autre, est-ce que c'est trahir ?" On ne trahit pas les disparus. Ce sont eux qui nous trahissent. Parce qu'ils ont fait défaut, parce qu'ils sont partis, alors qu'on avait besoin d'eux, parce qu'ils ont filé sans préavis, parce qu'ils nous laissent avec le manque et aucune solution pour y remédier. Et quand ils ont lâché notre main, qui nous en voudrait d'en saisir une autre ?

 

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