fantastique

  • Erenn - T1 L'éveil d'Emily Musso

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    Résumé 

    Désenchantée et peu confiante en l'être humain, Charline se réfugie dans les livres et la musique. Échapper à une existence sans saveur, tel est le but à atteindre.
    Quand elle rencontre Adrian, machiavélique, énigmatique et séduisant, c'est tout son univers qui bascule. Qui est-il ?
    Osera-t-elle braver ses principes pour percer les mystères qui l'entourent ?
    C'est en Irlande, qu'elle le rejoindra.L'Île d'Émeraude, terre de légendes et de magie...

    Mon avis

    Dès qu'il est question d'Irlande, je dresse l'oreille. Avide de tout ce qui touche à la tradition celtique que ce soit la musique, les gens, les légendes, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman dont les Editions Rebelle avaient parlé sur un certain réseau social. 
    Charline nous raconte son histoire, depuis son départ de l'Isère après un évènement plutôt traumatisant jusqu'à sa découverte de l'Irlande, en passant par son installation à Paris.
    Jeune fille fragilisée par l'agression qu'elle a subie, elle se réfugie dans un univers gothique, morbide, rock et métal. Pas vraiment de vie sociale, mais une vraie amie Sélène. Elle fait des rêves où elle entend parler en gaélique. Sa rencontre avec Adrian, attirant, mystérieux mais aussi déroutant, va la conduire en Irlande où il vit.
    De nombreuses péripéties vont alors jalonner sa découverte de l'Ile d'Emeraude, inconnue d'elle auparavant, mais où elle se sent étrangement bien, tandis qu'elle tente de saisir qui est réellement le troublant Adrian qui souffle le froid et le chaud sur leur relation. Un parcours initiatique qui la conduira à de surprenantes découvertes, y compris sur sa propre famille.
    C'est bien écrit, ça se lit vite, on a l'impression de voir les paysages en même temps que Charline et j'ai tourné les pages, impatiente d'en savoir plus sur le coquillage de lumière, sur Adrian et son inquiétante famille, sur Charline elle-même dont on sent bien qu'elle n'est pas là par hasard. Les personnages ne sont pas très attachants (notamment la soumission de Charline devant Adrian m'a un peu agacée !!) mais l'histoire nous emporte.
    J'ai donc passé un bon moment de lecture et envisage de lire le prochain tome.

  • 49 jours de Fabrice Colin

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    Résumé

    "Je m'appelle Floryan ; j'ai dix-sept ans. Il y a quelques jours, je suis mort : un attentat dans le métro. Je me suis réveillé dans un paysage de plaines et de montagnes, somptueux, qui s'étendait à perte de vue. Un être de lumière m'a accueilli, se présentant comme un >. Il m'a proposé un choix : soit je le suivais dans le Royaume - un paradis, selon lui, mais que je n'étais pas autorisé à voir avant de m'y rendre -, soit je plongeais dans le NIhil, un gouffre gigantesque menant vers... Vers quoi ? C'est là toute la question. Je ne sais rien du Nihil, j'ignore tout du Royaume, et j'ai quarante-neuf jours, pas un de plus, pour prendre une décision. Le problème, c'est que ce choix n'engage pas que moi..."

    Mon avis 

    Fabrice COLIN a l'art et la manière de balader son lecteur ! Il nous livre là un nouvel échantillon de sa plume vive et fluide.

    Il nous fait mourir le jeune Floryan à 17 ans lors d'un attentat dans le métro. On aurait presque été contents, tellement ce jeune était agaçant, imbu de lui-même et inconsistant ; oui mais c'est le héros tout de même !!!! Alors, quand il arrive dans l'Intermonde, un ange lui donne 49 jours pour choisir entre le Royaume et le Nihil.

    Et c'est là, chers amis lecteurs, que tout va déraper. Rien n'est ce qu'il paraît, tout est biaisé, personne n'est authentique et Floryan va avoir bien du mal à démêler le vrai du faux. Et puis, quand on va lui donner l'occasion de voyager dans le temps, il va se risquer dans le futur alors qu'on le lui avait interdit ! Il va y rencontrer Rain.... (entre nous, ce n'est pas un perrsonnage bien consistant, malgré ce qu'en pense Floryan !)

    Tout le talent de Fabrice Colin est de nous faire croire, au début du roman, qu'il va parler du parcours "initiatique" d'un adolescent dans l'au-delà (ce qui nous faisait déjà soupirer d'ennui), alors qu'en fait, il nous emmène dans une dystopie post-apocalyptique du meilleur cru.

    Jusqu'à la dernière ligne de l'épilogue qui nous scotche et que l'on n'a pas vu venir !!!!

    Un excellent moment de lecture, donc, pour un roman que je vous recommande vivement.

    NB : Il y aura un 2è tome pour cette série intitulée : "La Dernière Guerre"

  • Les lumières de Haven de Pauline Bock

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    Résumé 

    Cinq lycéens sont projetés dans l'univers merveilleux de Haven. Une Terre parallèle, volontairement bloquée au XVIIIe siècle. Le dirigeant Old Black, inspiré par la philosophie des Lumières, règne en despote éclairé sur ce havre de paix...

    Mais un personnage mystérieux ébranle cet édifice en révélant un secret millénaire. La révolte gronde...

    Mon avis 

    Un monde parallèle très construit mêlant anges et créatures à nos cinq jeunes héros. Haven semble être un lieu idéal mais l'irruption des Arrivants va montrer les lézardes qui le parcourent. Le chaos n'est jamais très loin.
    On suit les aventures des personnages avec plaisir, mais mon préféré restera Fenn, petit garçon déjà plein de sagesse.
    L'auteur a un style que j'ai beaucoup aimé : écriture soignée, rythme fluide où dialogues et texte se mêlent harmonieusement.
    Une belle jeune plume à suivre !!

    Entretien avec l'auteur (tiré du site Elbakin.net)
    Pourriez-vous nous dire qui est Pauline Bock ?
    Bonjour ! J'ai vingt ans et je suis étudiante à Sciences Po Paris, expatriée à Londres pour mon année à l'étranger, où j'étudie le journalisme à City University. J'espère pouvoir par la suite continuer une formation journalistique, sanscesser d'écrire de la fiction en parallèle. Et même peut-être revenir vivre à Londres, parce que c'est une ville incroyable où je me sens déjà chez moi !
    Que répondez-vous lorsque l'on vous demande de présenter Les Lumières de Haven ?
    « C'est un roman d'aventure avec du fantastique dedans », suivi de « C'est l'histoire d'un bras de fer entre la paix et la vérité et d'une société utopique qui s'écroule par la faute d'un seul homme. » 
    Mais ça dépend beaucoup de la personne à qui j'en parle. Pour certains, c'est l'aspect fantasy qui prime, pour d'autres l'idée de l'utopie. J'aime pouvoir proposer plusieurs « pitchs » qui se complètent.
    Pour votre premier roman, vous avez choisi de vous éloigner des sentiers battus. Pourquoi avoir choisi de bâtir une utopie basée sur le principe du Despote éclairé ?
    En fait, la notion de despote éclairé décrite chez Voltaire est arrivée très tard. Elle était sous-jacente dès le départ, mais j'avais surtout accentué le côté « éclairé » de l'Intendant de Haven. Lui coller l'étiquette « despote » me semblait exagéré, car il faisait pour moi partie du « bien »... C'était assez manichéen... Heureusement, au fil de l'écriture, tout s'est complexifié. Sa politique utopique ne pouvait fonctionner que couplée au despotisme voltairien.
    Avant la mention claire du « despote éclairé », j'avais déjà choisi de créer pour Haven l'utopie politique dont rêvaient les Lumières, qui peuplaient mes cours de français à l'époque. J'aimais l'idée qu'un autre monde parvienne à importer les valeurs humanistes terriennes et à les mettre en application. Et les Lumières, c'est le XVIIIe siècle : une période dont l'Histoire, les découvertes, la société et ses costumes charrient une mythologie qui me fascine. Je trouvais original de placer un récit de fantasy au milieu des jabots et talons rouges dignes de Louis XIV, là où le fantastique puise d'habitude dans l'imaginaire du Moyen-Âge.
    Imaginez-vous (et espérez-vous) que le système politique de Haven - et ses secrets - puissent susciter une réflexion philosophique chez vous lecteurs ? Qu'ils puissent construire un parallèle avec notre univers ?
    C'est tout à fait possible. J'ai voulu encourager plusieurs niveaux de lecture et plusieurs angles de réflexion. Au lycée, pendant l'écriture, j'étudiais les Lumières mais aussi Les Misérables ou Dom Juan, des œuvres qui se reflètent dans Haven. J'espère que cela poussera certains lecteurs à les relire, j'ai moi-même parfois été attirée par des classiques après avoir vu leur adaptation ou leur écho dans une autre fiction.
    Haven fait constamment référence à notre monde : son histoire, son évolution technique, notamment au Musée des Arrivants qui est un de mes passages préférés. Chaque lecteur peut y construire un parallèle avec « sa » Terre à lui, puisque à Haven tous les Arrivants et leur passé se doivent d'être recueillis et archivés.
    Je comprends tout à fait qu'on puisse lire le roman sans y chercher une réflexion philosophique. C'est avant tout un récit d'aventures. Mais j'espère que les différentes questions qui s'y posent (le parallèle terrien, l'utopie déchue, la paix contre la vérité...) encourageront les lecteurs à réfléchir une fois le livre refermé.
    Vous avez choisi d'évoquer les Anges. Que représentent-ils pour vous ?
    Les Anges de Haven ne sont pas du tout des anges dans le sens biblique du terme, et les religions sont autorisées mais très peu présentes à Haven. Je n'ai pas pour but de mettre en scène les anges du paradis, même si j'ai joué sur ce double sens : en effet « haven » (qui signifie « refuge » en anglais) ressemble beaucoup à « heaven » (« paradis ») et j'aimais le jeu de mots. 
    Les créatures de Haven ont été nommées « Anges » par les premiers Arrivants car elles représentaient une pureté semblable à celle du paradis. C'était le côté mythologique qui m'intéressait : ce n'était qu'une race évoluée d'oiseaux, jusqu'à ce que les hommes arrivent et ne les proclament « Anges ».
    La symbolique de l'ange déchu rappelait celle de l'utopie en ruine, cela ne faisait qu'un. C'était aussi un choix d'esthétique : l'une des premières scènes que j'ai imaginée était celle de l'Ange dans sa cage. Cela résumait beaucoup de choses.
    Vous faites également référence à l'Antiquité, notamment à travers les harpies et les chimères. Quel est votre lien avec l'Antiquité ? Pensez-vous qu'elle est source de tout imaginaire ?

    Elle est source de beaucoup de récits fantastiques. J'admire la diversité des créatures mythologiques : quelle que soit la créature originale que l'on invente, la mythologie antique en est la base.

    Plus généralement, l'Antiquité est une source incroyable de découvertes et fascine bien des scientifiques. Les passions croisées du paria Equinoxe pour les sciences et la mythologie me laissait le champ libre pour créer toutes sortes de monstres sans une once de « magie », ce qui était à la fois original et motivant !
    Vous avez écrit sur l'exil avant de vous exiler vous-même. Est-ce qu'à présent vous écririez l'exil de la même façon ?
    L'exil n'était pas mon principal sujet dans Haven, et même si le sentiment d'exil traverse le récit de bout en bout, je devais me concentrer sur l'action. Je crois qu'il y a beaucoup plus à en dire que ce que j'ai pu, en quelques références à la Terre, faire passer par les Arrivants. Si j'écrivais à nouveau sur l'exil, ce serait sans doute d'un point de vue interne, plus psychologique et développé. Et ce serait plus personnel, forcément.
    Envisagez-vous votre âge comme un avantage ou comme un obstacle pour convaincre les lecteurs?
    C'est un peu des deux... A vingt ans, on peut considérer que je n'ai pas l'expérience ou le recul nécessaire pour écrire certaines choses, par exemple pour rendre crédible des personnages plus âgés, ou décrire des situations que je n'ai pas encore vécues. Mais j'ai construit le monde de Haven avec les idées et les rêves qui étaient ceux d'une lycéenne, avant d'en complexifier les enjeux au fil de l'écriture et en grandissant. Je crois que c'est la force du texte de pouvoir se positionner quelque part entre les adolescents et les adultes. Mon âge étant entre les deux, je peux faire « pivot » en quelque sorte, et mon style avec.
    Pensez-vous explorer plus avant l'univers de Haven ?
    Pendant l'écriture, je me suis promis de ne pas faire de Haven une série. J'étais lassée des tomes multiples qui, souvent, rallongent inutilement l'intrigue. Si la fin du roman est ouverte, elle l'est pour l'imagination et la réflexion des lecteurs, car je ne considère aucune suite possible à un tel dénouement.
    En revanche, je ne suis pas contre l'idée d'explorer les origines des personnages natifs de Haven, comme Fenn ou Old Jack. Mais c'est loin d'être décidé... Je doute fortement de l'intérêt réel d'un tel projet.
    Quels sont vos projets littéraires ?
    Je participe actuellement au magazine en ligne « Le Petit Pâté Illustré », qui rassemble des jeunes auteurs et illustrateurs (d'ailleurs, ils recrutent !), pour lequel je fournis des nouvelles et des brèves illustrées, très courtes. Le journalisme risque de m'accaparer dans les prochains temps, mais je pense de plus en plus à un autre texte de fiction. J'aimerais écrire sur Londres et ses légendes, ou sur le voyage, ou encore sur le passage à l'âge adulte... J'attends l'idée précise qui saura me convaincre de me lancer.
    Certains aiment lire en musique. Quelle "bande originale" suggéreriez-vous pour Haven ?
    C'est drôle, parce qu'à l'époque de l'écriture, j'avais moi-même créé un CD de « bande-originale » pour m'aider à écrire, en rassemblant des musiques de films qui correspondaient aux scènes importantes. Des films d'aventure surtout : ça allait de Pirates des Caraïbes à Narnia, en passant par The Dark Knight... Mais s'il ne fallait en citer que deux, ce serait la déchirante The Call, de Regina Spektor, qui fait écho aux adieux répétés des adolescents et à leur perte de repères, et Tears in Heaven (encore ce jeu de mots) d'Eric Clapton, qui est d'ailleurs citée dans le roman !
    Très récemment, une amie m'a confié qu'elle se figurait le « chant des Anges » comme la chanson Run boy run, de Woodkid. Cela colle effectivement très bien, et j'espère que d'autres lecteurs se feront leur propre bande-originale !
    Y-a-t-il une question que vous espérez en interview et que personne n'a encore posée ? Si oui, laquelle ?
    Personne ne se demande comment les héros se sont connus ! (car ils habitent dans plusieurs endroits de France avant d'arriver à Haven) Des lecteurs ont trouvé leurs propres explications, mais le récit reste assez vague là-dessus, et c'est délibéré. Ce qui comptait, c'était leur amitié à distance, peu importait son origine.
    Propos recueillis par Cyrielle Lebourg-Thieullent qu je remercie.