corps

Laver les ombres de Jeanne Benameur

Editions Actes Sud - Collection Babel - Date de sortie : 15 août 2010 - ISBN 9782742 793006 - 157 pages

4è de couv'

Lea danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement. Elle est chorégraphe par nécessité. Lea aime, mais ne peut s'abandonner à Bruno, peintre de l'immobile. En pleine tempête, elle part vers l'océan retrouver sa mère, celle qui s'est toujours tue. Alors ont lieu l'épreuve de la parole et celle de l'écoute. Jusqu'où une mère peut-elle dire ? Jusqu'où une fille peut-elle entendre ? C'est ce péril fertile de la parole partagée qui est au coeur du roman. Il conduira au corps d'une jeune fille de seize ans livré dans une maison close pendant la guerre, à Naples. Il conduira à l'énigme de l'amour qui consent et soumet. il conduira au mystère de l'enfantement. Par le jeu de onze tableaux dévoilant la vie des absents en contrepoint de la ligne narrative, dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les secrets de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.

Mon avis

Une écriture dépouillée, sans "gras", juste les mots qu'il faut, pour ce court roman sur l'indicible qui se livre au cours d'un soir de tempête. Les thèmes du corps, du secret et de la relation mère-fille traités comme toujours par une Jeanne Benameur toute en finesse, en sensibilité, en délicatesse, qui sait dire l'intériorité mieux que personne.

Une réussite que je vous invite à découvrir sans hésiter.

Ma note 17.5

Citation

*Leur sueur, leur odeur, le toucher de leurs doigts ont fait d'elle un palimpseste vivant de la guerre. Ils ne savent pas qu'ils inscrivent chacun leur histoire sur elle, en elle. Tatouée à l'intérieur, elle est l'envers du monde. Une bête de guerre et de nuit.

*Aujourd'hui elle voudrait tant savoir. Les questions n'ont pas d'âge. La vieille dame soupire.

Ce livre participe au Challenge 

 

Le manteau de Greta Garbo de Nelly Kaprielian

Couverture Le manteau de Greta Garbo

Editions Bernard Grasset - Date de sortie : 27 août 2014 - ISBN  978-2246852339 - 281 pages

Résumé

En décembre 2012, la garde-robe de l’icône la plus secrète de l’histoire du cinéma a été exposée durant trois jours, puis vendue aux enchères à Los Angeles. Huit cents pièces. Les vêtements d’une femme peuvent-ils raconter une vie, éclairer ses mystères ? Pourquoi Greta Garbo achetait-elle des centaines de robes alors qu’elle n’en portait aucune, ne se sentant bien que dans des tenues masculines ? S’habille-t-on pour se travestir et se mettre en scène dans un rôle rêvé ? Pour donner une image de soi acceptable ou démentir une place assignée ? Pour séduire ou pour déplaire ? Se fondre dans une société ou s’y opposer ? Quels désirs secrets et enfouis, quelles pulsions obscures et inavouables, fondent-ils notre goût, notre style ?

Et moi-même, pourquoi avais-je acheté, lors de cette vente, le manteau rouge de Greta Garbo, alors qu’il n’était pas mon genre ?
Ce qui devait être un essai s’est peu à peu mué en roman : les vêtements racontent ces fictions que sont nos identités, et donnent à lire les narrations, souvent mystérieuses, que sont nos vies.

Pourquoi - comment ce livre ?

Pour le résumé essentiellement et aussi parce que je lis les critiques littéraires de l'auteur dans les Inrock.

Les premières pages en 3 minutes   

Mon avis

Dire que la lecture de ce texte a été laborieuse est un doux euphémisme.

De mon point de vue, il ne s'agit pas du tout d'un roman. C'est un assemblage hybride, fragmenté, de bouts de biographie de Greta Garbo, et d'autres (Daphné du Maurier, Valentina, Truman Capote ...) de décryptages filmiques, d'évocation de "people", ayant peu ou prou à voir avec le vêtement et/ou le corps.  On y ajoute un zeste de "je" pour se rappeler que d'un essai prévu au départ, on a fait un "roman", sorti à point nommé pour la rentrée littéraire. L'auteur le dit elle-même à la page 142 ! Mais même les passages autobio sont lassants (à part le passage sur la chemise du grand père) parce que quasi obsessionnel sur le masque et la tromperie.

C'est truffé de citations, d'extraits de textes de toutes sortes, parfois d'une longue page, mais hélas, le trop de citations tue l'intérêt de la citation bien choisie !

C'est dommage que l'auteur n'ait pas su choisir le genre de son écrit. Eût-elle écrit une fiction  avec la documentation impressionnante qu'elle avait, ou pris le parti d'une biographie de Greta avec des incises réflexives, ou une autobiographie nourrie de références choisies, ou pondu un essai sur le mariage subtile corps/vêtement, tout eût été préférable à ce pseudo-roman qui trompe le lecteur sur la marchandise et  masque les qualités de documentation que l'on peut lui accorder.

Oui vraiment dommage que ce manteau ait été cousu comme un reportage "savant" avec l'étiquette "roman". Mais je comprends que quelques critiques lui aient été si favorables, puisque l'auteur est quelqu'un du sérail (responsable littéraire des Inrock, intervenante à France Inter...). Pour moi, je suis allée au bout mais sans plaisir de lecture. 

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